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Quand Macron confiait à Minc qu’il serait un jour président

Emmanuel Macron et Manuel Valls, un fauteuil pour deux ?

Emmanuel Macron et Manuel Valls, un fauteuil pour deux ? - Christian Hartmann - AFP

La bataille pour la succession de François Hollande est déjà ouverte? En lice, Manuel Valls et Emmanuel Macron ne cachent plus leurs ambitions. "A court terme, ils s'entretueront", assure même un ancien de Bercy dans les colonnes du Parisien.

Les deux hommes ont un point commun: ils pratiquent régulièrement la boxe. Habitués à cogner, Manuel Valls et Emmanuel Macron le font généralement sur leurs adversaires politiques, de la droite à l'aile gauche de leur parti. Mais en coulisse c'est un tout autre duel qui se déroule: celui de la succession de François Hollande, celui de la course à l'Elysée.

En apparence, les relations sont bonnes. Il y a deux jours, Manuel Valls parlait de "ministre talentueux" pour qualifier le chouchou du gouvernement qui a son soutien "jusqu'au bout". C'est encore le Premier ministre qui a défendu coûte que coûte la loi Macron en assurant la promotion sur les journaux télévisés ou encore en ayant recours à l'article 49-3 pour faire adopter le texte à l'Assemblée nationale. 

"A court terme, Valls et Macron s'entretueront"

Pourtant, ce mariage arrangé entre celui qui a gravi tous les échelons du Parti socialiste et le jeune self-made man pourrait tourné court. "A court terme, ils s'entretueront", prédit dans Le Parisien un ancien de Bercy. En cause: leur volonté partagée de réformer la gauche pour en faire un courant plus progressiste. "Ils partagent le même espace politique, sur la droite du PS", remarque pour Europe 1 le communicant Philippe Moreau-Chevrolet.

Alors malgré les soutiens de façade, chaque sortie provocatrice d'Emmanuel Macron est désormais l'occasion pour le Premier ministre de lui rappeler qui est le chef dans ce gouvernement. "Les ministres doivent pleinement se concentrer à leur tâche, et assumer pleinement leurs responsabilités (...) et ne pas provoquer de débats inutiles", attaquait le Premier ministre au lendemain de la nouvelle polémique lancée par son ministre de l'Economie sur le statut des fonctionnaires. 

Rêve présidentiel

Un dialogue tendu donc, car les deux hommes partagent le même rêve présidentiel. Ce week-end encore, le Premier ministre prédisait son avenir à un jeune homme (très) ambitieux: "Tu attends que François Hollande termine son mandat, qu'il en fasse un autre, puis que moi je puisse en faire deux autres. Et puis après tu arrives"...

Côté Macron, l'économiste Alain Minc se rappelle ce mardi dans les colonnes du Parisien que l'ex-banquier d'affaires lui a, un jour, confié son ambition de "devenir président". Rien de moins. "Lui, il le sera (président, NDLR) un jour", répond sans hésitation Jacques Attali. Mais avant le poste ultime, certains voit Emmanuel Macron à Matignon. "Si Hollande est réelu, son Premier ministre ce sera Macron", prédit ainsi un soutien du ministre de l'Economie. 

Une surprise pour 2017

Le duel Macron-Valls serait d'ailleurs arbitré, selon des proches du Président, orchestré depuis le sommet. "Hollande essaie d'anesthésier Valls en lui faisant miroiter ça (l'élection présidentielle, NDLR), assure un fidèle du président. Il est machiavélique, comme Mitterrand. Pourquoi croyez-vous qu'il lui a mis Macron dans les pattes?" 

Une vision partagée par un député PS qui voit en Macron un pion télécommandé par l'actuel locataire de l'Elysée. "Macron n'irait pas si loin sans l'aval de Hollande", insiste-t-il. Alors celui qui ringardise la classe politique, y compris Manuel Valls, pourrait-il arriver à la tête de l'Etat plus tôt qu'on ne l'imagine? Pas impossible quand on sait que Jacques Attali, le proche des présidents, lundi soir sur le plateau du Petit Journal prédit une "surprise" pour 2017. "Je pense que les Français vont élire quelqu'un que personne ne connait aujourd'hui", assure l'économiste-écrivain.

Justine Chevalier