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Pour Gérard Longuet, Pierre de Villiers a été le "bouc émissaire fédérateur" du gouvernement

Gérard Longuet, alors ministre de la Défense, dans la cour de l'Elysée, le 27 mars 2012

Gérard Longuet, alors ministre de la Défense, dans la cour de l'Elysée, le 27 mars 2012 - KENZO TRIBOUILLARD / AFP

L'ancien ministre de la Défense considère que la charge de Christophe Castaner à l'égard de Pierre de Villiers est aussi bien "malvenue que dangereuse pour le président Macron".

Trois jours plus tard, la démission du chef d'état-major des armées fait encore couler beaucoup d'encre. Longuement ovationné lors de son départ du ministère de la Défense, Pierre de Villiers a été la cible de sévères critiques de la part du porte-parole du gouvernement qui a estimé que sa démission était une "mise en scène".

"On n'a jamais vu un Cema (chef d'état-major des armées) s'exprimer via un blog, ou faire du off avec des journalistes ou interpeller les candidats pendant la présidentielle, comme cela a été le cas. Il s'est comporté en poète revendicatif. On aurait aimé entendre sa vision stratégique et capacitaire plus que ses commentaires budgétaires", a regretté le porte-parole du gouvernement dans les colonnes du Figaro.

Des propos aussi bien "malvenus que dangereux pour le président Macron", a estimé vendredi Gérard Longuet, toujours dans les pages du quotidien national.

"À charger l'ancien CEMA, Monsieur Castaner dessert le président en rappelant qu'au fond de la crise il y a, au mieux, un manque de savoir-faire gouvernemental dans la conduite des arbitrages, au pire un abandon de la parole donnée lors du renouvellement il y a quelques semaines du général de Villiers", explique-t-il.

"Un manque de savoir-faire gouvernemental"

L'ancien ministre de la Défense déplore par ailleurs que l'annonce du départ du général de Villiers ait été faite par le porte-parole du gouvernement et non pas par le président de la République lui-même.

"L'engagement de nos forces mérite, y compris dans un contexte budgétaire difficile, un engagement personnel du président qui ne peut sous-traiter à un ministre débutant une décision et donc son annonce, qui relèvent l'une et l'autre du seul niveau présidentiel", assure-t-il.

Pierre de Villiers a servi de "paratonnerre"

Alors que le gouvernement a annoncé des économies de 850 millions d'euros dans le budget des armées pour 2017, avant un retournement en 2018, Gérard Longuet estime que Pierre de Villiers est devenu "un bouc émissaire fédérateur". 

"Silencieux, il aurait conduit sans doute les députés de la commission de la Défense à interroger les ministres compétents et la crise serait devenue gouvernementale. Franc et direct, Pierre de Villiers sert de paratonnerre et Castaner veut lui faire endosser la responsabilité de la crise, qui pourtant ne procède que du seul changement d'orientation, voulu par le président et annoncé par Gérald Darmanin", explique-t-il.

Me.R. avec AFP