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Ouragan Irma: comment le gouvernement rétorque aux polémiques

Le gouvernement Philippe a fait le service après-vente de son action après le passage de l'ouragan Irma.

Le gouvernement Philippe a fait le service après-vente de son action après le passage de l'ouragan Irma. - Lionel Bonaventure - AFP

Depuis le passage de l'ouragan Irma, une partie de la population estime avoir été abandonnée aussi bien d'un point de vue sanitaire que sécuritaire. A cette colère s'ajoute la polémique en métropole lancée par l'opposition qui critique la gestion de la catastrophe par le gouvernement et le manque de préparation. L'exécutif se dit prêt à se soumettre à une commission parlementaire.

La tempête gronde toujours du côté de Saint-Martin et de Saint-Barthélémy. Si le vent a faibli sur les îles des Antilles françaises, la colère se fait entendre au sein de la population. Depuis cinq jours, les voix se multiplient en Outre-mer pour livrer leur sentiment d'avoir été abandonné par l'Etat après le passage de l'une des pires catastrophes naturelles que la France a connu. Des critiques rapidement reprises à son compte par l'opposition en métropole qui dénonce l'impréparation de l'exécutif. Et qui n'a cessé de le répéter ce week-end.

Après 48 heures dans le viseur de l'opposition, ce lundi matin a été l'occasion pour le gouvernement de faire le service après-vente de sa gestion des conséquences de l'ouragan Irma puis du passage de José. Afin de justifier son action, les ministres ont livré une série de chiffres. Dès dimanche, le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, annonçait que le nombre de forces de sécurité allait doubler, et ce alors que les pillages se sont multipliés ces derniers jours. De 1.100, le nombre d'hommes va passer à 2.000.

Une évacuation impossible

Outre l'aspect sécuritaire, la gestion des évacuations et du risque sanitaire est également mise en cause. Déjà ce week-end, le porte-parole du gouvernement montait au créneau. "On peut toujours faire plus, mais c'est une île. On ne peut pas, comme en Floride, organiser une évacuation, parce que ce n'est pas possible d'évacuer 80.000 personnes en 48 heures", insistait Christophe Castaner lors du Grand Rendez-vous d'Europe 1/Les Echos/ CNews. Un argument repris ce lundi par la ministre de la Santé.

Ce n'est qu'au lendemain de la catastrophe que des milliers de personnes ont commencé à être évacuées. Des mises en sécurité qui se poursuivent toujours. Sur ce sujet, la ministre des Outre-mer insiste sur la priorité donnée aux "blessés, aux malades et aux personnes fragiles", alors que d'autres critiquent les évacuations des touristes réalisées rapidement.

"Les touristes qu’il a fallu évacuer, ces touristes, il faut les faire partir pour récupérer les hébergements pour loger les forces", se défend sur BFMTV Annick Girardin, parlant ensuite des "départs volontaires". "Ce sont plus de 1.000 personnes qui seront parties ce lundi."

Commission parlementaire

Alors qu'une réunion interministérielle doit avoir lieu lundi en début d'après-midi autour du Premier ministre pour définir "un plan sur les questions de santé, de logement, de reconstruction", Agnès Buzyn assure que l'hôpital de Saint-Martin, détruit à 70% par l'ouragan, est désormais fonctionnel. "Nous allons accroître sa capacité avec des tentes, des postes mobiles qui vont fonctionner comme un dispensaire", détaille-t-elle sur RTL ajoutant que de nouvelles équipes de secours et du matériel allaient être envoyés et que les stocks de médicaments ont été complètement reconstitués.

"Nous avions pré-positionné des équipes avant l'ouragan. Le centre de crise était ouvert dès le lundi (avant le passage de l'ouragan, NDLR)", rétorque la ministre de la Santé à ceux qui critiquent un manque d'anticipation.

Le message est donc clair: l'engagement de l'Etat est total à Saint-Martin et Saint-Barthélémy. Et assume. Le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, s'est d'ailleurs dit prêt à se soumettre à une commission parlementaire réclamée par le député LR Eric Ciotti ou par celui de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon. Une manière d'éteindre la polémique à quelques heures du départ du président Macron, accompagné des ministres de la Santé et de l'Education nationale, pour Saint-Martin.

J.C.