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Couvre-feu, GIGN... les moyens mis en place pour lutter contre les pillages à Saint-Martin

Les effectifs de forces de sécurité vont être doublés.

Les effectifs de forces de sécurité vont être doublés. - AFP

Cinq jours après le passage de l'ouragan Irma sur l'île de Saint-Martin, dans les Antilles, la population dit toujours craindre des pillages. Alors que la ministre des Outre-mer assure que le phénomène a cessé, 700 gendarmes viendront renforcer le dispositif de sécurité mardi.

Place à la sécurité cinq jours après le passage de l'ouragan Irma sur l'île de Saint-Martin. Au lendemain de la catastrophe, les scènes de pillages se sont multipliées, certains profitant du chaos qui s'est abattu sur le territoire ravagé à 95%, d'autres tentant seulement de survivre. Si la menace météorologique est passée, les tensions sont loin d'être retombées. Et face aux critiques, le gouvernement renforce le dispositif de sécurité.

"Demain (mardi, NDLR), ce seront 700 gendarmes qui seront à Saint-Martin", annonce sur BFMTV la porte-parole de la gendarmerie nationale.

L'action des gendarmes s'inscrit dans une mobilisation plus large alors que l'exécutif a décidé samedi de doubler les effectifs de sécurité déjà présents sur l'île passant ainsi de 1.100 à plus de 2.000 membres du GIGN, du GIPN, de la Légion étrangère, notamment, selon le ministre de l'Intérieur.

Couvre-feu

"Il y a beaucoup de missions à prendre en compte et notamment la mission de sécurisation des biens et des personnes pour éviter des vols à répétition qui est une priorité pour nous", confirme ainsi sur notre antenne le lieutenant-colonel Karine Lejeune.

Afin d'éviter les vols à répétition, perpétrés par des adolescents la plupart du temps comme le rapportent des témoignages, ce sont des patrouilles de gendarmerie qui fonctionnent 24h/24 sur le territoire qui été "sectorisé" pour prendre en compte l'intégralité de l'île de Saint-Martin.

"Des check point, des barrages ont été mis en place sur les passages obligés justement pour éviter que les pick-up puissent circuler et ailler chercher du matériel important", détaille la porte-parole de la gendarmerie.

Un dispositif de type couvre-feu a été également instauré entre 19 heures et 7 heures du matin pour tenter d'empêcher les déplacements des pilleurs.

Une situation complexe

Pour les forces de l'ordre, la situation reste complexe. D'un côté, les "vols d'opportunité" menés par des bandes qui concernent les magasins de Hi-Fi, les bijoutiers, les commerces de luxe. De l'autre, les vols qualifiés de "nécessité" qui concernent les supermarchés ou échoppes d'alimentation.

"Nous faisons bien la différence", assure Karine Lejeune, qui explique que dans le second cas aucune procédure n'est engagée pour les hommes et femmes qui volent pour se nourrir. "On leur demande de rendre les denrées", précise-t-elle.

Malgré les dégâts provoqués par l'ouragan Irma, les procédures de gendarmeries sont respectées avec, depuis le 7 septembre, 23 interpellations. "On a réussi à mettre en place dans des bâtiments encore debout des lieux de garde à vue et la procédure en lien avec la justice ont été adaptés", détaille la porte-parole de gendarmerie. Pour cela, des enquêteurs de police judiciaire ont été dépêchés sur place et quatre magistrats sont également présents sur l'île. Si les pillages ont cessés, selon la ministre des Outre-mer Annick Girardin, 50 membres du GIGN (Groupement d'intervention de la gendarmerie nationale) des Antilles et de métropole sont mobilisés pour chercher les suspects considérés comme les plus dangereux.

Justine Chevalier