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Après Irma et José, Saint-Martin et Saint-Barthélemy à l'épreuve de la reconstruction

Les dégâts sont considérables sur l'île de Saint-Martin

Les dégâts sont considérables sur l'île de Saint-Martin - Martin BUREAU / AFP

Après avoir été durement frappées par l'ouragan Irma et plutôt épargnées par José, les îles de Saint-Martin et Saint-Barthélemy entrent dans la phase de reconstruction. L'État a fait savoir sa "mobilisation totale" pour réparer au plus vite les dommages estimés à 1,2 milliard d'euros.

Saint-Martin et Saint-Barthélemy, épargnées par José mais dévastées par Irma, doivent attaquer ce dimanche le colossal chantier de la reconstruction, alors qu'une partie de la population ne cache pas son exaspération face à l'action de l'État, également critiquée par certains politiques.

Contrairement au scénario redouté, José est passé plus loin que prévu des côtes et a eu des effets "nettement moins marqués" dans les deux territoires, a observé Météo-France. Les îles, placées samedi en vigilance violette, le degré maximal, n'étaient plus qu'en vigilance jaune à 6H00 locale (midi, heure de Paris). L'ouragan ne les affecte plus "qu'indirectement", ajoute le prévisionniste.

"C'est un soulagement de fou! On est très heureux, très contents", a lancé Junior Joseph, 28 ans, confiné samedi dans un établissement scolaire à Saint-Martin. À ses côtés, Donald Tchuisseu, se dit aussi "soulagé, limite heureux".

Une "nouvelle phase"

Saint-Barthélemy et Saint-Martin doivent maintenant affronter de nombreux problèmes dans un paysage de ruines: manque d'eau, de nourriture, pas d'électricité. La situation sanitaire est "délicate", a observé le Premier ministre Edouard Philippe samedi, mais l'hôpital est "à nouveau fonctionnel", a assuré le ministre de l'Intérieur dimanche.

Maintenant que le second ouragan, José, est passé au large des côtes sans faire de dégâts supplémentaires, Saint-Martin "entre dans une nouvelle phase: celle de "la vie qui reprend" et de la "reconstruction", a déclaré Annick Girardin, ministre des Outre-mer.

"La première consigne donnée" aux forces de sécurité est "de pouvoir apporter de l'eau dans tous les territoires", a également indiqué Gérard Collomb. "Nous avons un million de litres d'eau. Le problème n'est pas de l'avoir, mais de la distribuer", a-t-il souligné.

Reprise du pont aérien et maritime

Le pont aérien et maritime a repris dimanche pour évacuer les plus vulnérables dans un sens et acheminer du fret dans l'autre. À l'aéroport de Grand-Case, au nord de la partie française de Saint-Martin, un ballet aérien incessant a repris.

La préfecture de Guadeloupe a également annoncé dimanche soir la reprise des liaisons maritimes entre la Guadeloupe, la Martinique et Saint-Martin. Un navire accostera lundi "avec une grue de 5 tonnes, qui permettra de décharger des conteneurs de grande capacité".

La sécurité est désormais "revenue sur le territoire", a assuré pour sa part la ministre des Outre-mer après les pillages ayant suivi le passage de l'ouragan. Il y a eu 11 interpellations jusqu'alors, selon la place Beauvau.

Des renforts envoyés sur place

Outre les 410 gendarmes et 80 policiers déjà sur place, 380 militaires, 240 gendarmes mobiles, 30 hommes du GIGN et 15 du GIPN étaient "en cours d'acheminement" dimanche, a précisé le gouvernement. Un A400M parti de métropole est aussi arrivé en Martinique samedi, avec des militaires, un hélicoptère et du fret à bord. Les effectifs militaires et de police vont être "doublés" pour "renforcer rapidement la sécurité des sinistrés", a tweeté le président Emmanuel Macron samedi soir après une réunion de crise à l'Élysée.

Les secours, militaires et forces de l'ordre dépêchés sur l'île atteindront le nombre de 2.000 effectifs d'ici dimanche soir, a annoncé de son côté la ministre des Outre-mer. Selon les pompiers, 300 mètres cubes d'eau doivent être distribués dans la journée de dimanche. De la nourriture va également être distribuée dans différents quartiers de l'île.

Le gouvernement doit également acheminer des "unités mobiles climatisées" pour assurer la reprise des services publics, ce qui devrait permettre d'effectuer une rentrée scolaire "d'ici trois à six mois", a-t-il estimé.

Radio-France a par ailleurs annoncé que la radio "Urgence Info Iles du Nord" a commencé à émettre dimanche sur l'île de Saint-Martin pour diffuser des informations pratiques et des points météo en plus des journaux d'information et de la musique. Les opérateurs travaillent à rétablir au plus vite les télécommunications, toujours coupées.

1,2 milliard d'euros

Avant le soulagement de voir José s'éloigner, la tension était parfois palpable à Saint-Martin. "Je suis en colère après Paris et sa gestion de crise", disait Nicolas, fonctionnaire installé depuis six ans sur l'île. Le Premier ministre Édouard Philippe avait pourtant assuré samedi de la "mobilisation totale de l'État" devant "une succession de phénomènes d'une intensité jamais égalée".

Un premier coût des dommages a été évalué samedi à 1,2 milliard d'euros par la Caisse centrale de réassurance (CCR). Mais des experts doivent arriver sur l'île dans la semaine à venir pour chiffrer les dégâts et le coût de la reconstruction.

L'ouragan Irma a fait au moins dix morts et sept disparus dans les îles françaises, deux dans la partie néerlandaise, selon le dernier bilan. Cela porte à 25 le total des personnes ayant trouvé la mort dans les Caraïbes, si l'on ajoute six décès dans les îles Vierges britanniques, quatre dans les îles Vierges américaines, deux à Porto-Rico, un à Barbuda.

Après de nombreuses destructions dans le centre et l'est de Cuba, Irma, remonté en catégorie 4, s'approchait dimanche de l'archipel des Keys dans le sud de la Floride, où plus du quart de la population a reçu l'ordre d'évacuer.

P.L avec AFP