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Le coeur de l'ouragan Irma frappe le sud de la Floride

L'ouragan, rétrogradé en catégorie 3, touche la Floride ce dimanche. Trois personnes sont mortes dans des accidents de voiture. Donald Trump a déclaré l'état de catastrophe naturelle et a annoncé qu'il se rendra "très vite" sur place.

Pilonnée par les vents de 215 km/h et les pluies intenses accompagnant l'ouragan Irma, la Floride déplorait ce dimanche ses premières victimes, tuées dans des accidents de la route.

Deux conducteurs, une policière et un agent pénitencier, ont trouvé la mort tôt dimanche matin dans une collision frontale, près de la ville de Sarasota, sur la côte ouest de la Floride. La policière "avait travaillé toute la nuit dans un centre d'hébergement et se rendait chez elle pour chercher des provisions", a indiqué le shérif du comté de Hardey, Arnold Lanier.

Un autre conducteur a lui été tué samedi près de Key West, lorsque que son camion a percuté un arbre sur une route de l'archipel des Keys, le premier territoire de Floride frappé par Irma.

Donald Trump se rendra sur place

Le coeur de l'ouragan Irma a frappé de plein fouet dimanche l'archipel des Keys dans le sud de la Floride, apportant des vents de 215km/h et une mer déchaînée, après avoir fait 25 morts et des dégâts considérables dans les Caraïbes. Le mur de l'œil de l'ouragan est la partie où le vent et les précipitations sont les plus intenses. Irma s'est dégradé ce dimanche soir en catégorie 3 et se déplace lentement vers la côte ouest de la Floride continentale à 15 km/h, a précisé le Centre américain des ouragans dans un communiqué. Il a touché terre sur la côte ouest de la Floride juste au sud de la ville balnéaire de Naples.

Le président américain Donald Trump a déclaré ce dimanche l'état de catastrophe naturelle pour la Floride. Il a également annoncé qu'il s'y rendra "très vite". "J'espère qu'il n'y aura pas trop de gens sur son chemin (...) Nous avons essayé de mettre tout le monde en garde et pour la plupart ils sont partis", a lancé le président à son retour à la Maison Blanche, après un week-end passé dans la résidence présidentielle de Camp David, où il s'est tenu informé de l'évolution de la situation en Floride.

Vagues de 4,6 mètres

Les autorités de Floride appellent depuis plusieurs jours les habitants de ce chapelet d'îles, très basses sur l'eau, à évacuer en raison de la marée de tempête que ne manquera pas de créer Irma à son passage et qui risque de noyer les langues de terre sous des masses d'eau.

"Ceci est une situation extrêmement dangereuse et mortelle", a martelé le centre météo de Key West, enjoignant ceux qui n'avaient pas évacué de se mettre à l'abri "maintenant pour sauver votre vie".

"(Les Keys) sont en train d'être pilonnées (...) Cela va aller sur ma ville de Naples, Floride, et remonter tout le long de la côte ouest", a indiqué le gouverneur de Floride Rick Scott sur la chaîne Fox News, disant craindre par-dessus tout les marées de tempête, une montée brutale des eaux provoquée par la dépression.

L'œil d'Irma devrait traverser les Lower Keys dans les heures qui viennent puis se diriger "près ou le long" de la côte ouest de la Floride, selon le NHC avertissant que les vagues pourraient dépasser 4,6 mètres, suffisamment pour recouvrir une maison. L'archipel des Keys avait déjà été aux trois-quarts détruit par l'ouragan Donna il y a 57 ans jour pour jour, le 10 septembre 1960.

À Miami, l'eau poussée par les vents violents de l'ouragan Irma a envahi un quartier du centre-ville où deux grues de chantiers se sont effondrées sans faire de victime, selon des habitants et les autorités de la ville. Le bras d'une grue a rompu et terminé sa course sur le toit d'un autre immeuble en construction dans la 3e Rue, un quartier en bord de mer où se trouvent de nombreux chantiers, selon des photos diffusées sur les réseaux sociaux.

6,3 millions de personnes ont eu l'ordre d'évacuer

Des centaines de milliers d'habitants de la Floride se sont réfugiés dans des abris ou ont pris la route pour fuir vers le nord. Au total, 6,3 millions d'habitants - plus du quart de la population - du "Sunshine State" ont eu l'ordre d'évacuer.

Plus de 430.000 foyers et entreprises en Floride sont privés d'électricité, selon la compagnie Florida Power and Light.

Sur la côte ouest de la Floride, les personnes évacuées attendaient dans l'angoisse l'arrivée de cette dépression de la taille du Texas. Dans un refuge près de la ville de Naples (sud-ouest), on priait: "tout ce que nous voulons, c'est de rester sains et saufs", a confié Viviana Serra.

Centcom et Kennedy Space Center

Des ordres d'évacuation avaient été donnés pour la base aérienne de MacDill, quartier général du commandement central américain au Moyen-Orient (Centcom), située à Tampa que l'ouragan devrait frôler ou frapper tôt lundi. À Orlando, le centre spatial Kennedy était fermé.

À Cuba, où l'ouragan est arrivé dans la nuit de vendredi à samedi en catégorie 5 - la plus élevée - avant d'être rétrogradé en catégorie 4 puis 3, Irma a provoqué des inondations jusqu'à La Havane à Cuba et semé de nombreuses destructions dans le centre et l'est de l'île mais sans décès recensé officiellement dans l'immédiat.

Des vagues de sept mètres ont été observées sur la côte nord. La Havane, où vivent deux millions d'habitants, a été placée en "alerte" cyclonique face au risque d'inondations.

Un sort similaire attend maintenant une bonne partie de la Floride. L'ouragan est si gigantesque que les autorités se préparent à des dégâts des deux côtés de la péninsule. Les agglomérations ressemblaient à des villes-fantômes. Magasins et restaurants étaient fermés.

Sur l'autoroute 75 le long de la côte ouest de la Floride, un flot ininterrompu de voitures filait samedi vers le nord emportant des réfugiés de dernière minute.

Pire que l'ouragan Andrew

Certains refusaient pourtant de partir, comme Scott Abraham, un agent immobilier qui compte rester avec sa femme et ses deux enfants dans son appartement, au 5e étage d'un immeuble donnant sur la plage. "Si j'habitais dans une maison, je serais parti", a-t-il expliqué. "Mais si on est inondés ici, ça va nous prendre au moins une semaine avant de pouvoir revenir, c'est hors de question".

Plusieurs villes ont instauré un couvre-feu nocturne à partir de samedi soir, pour réduire les pertes humaines et empêcher les éventuels pillages. Le gouverneur de Floride a averti qu'Irma serait pire que l'ouragan Andrew qui avait tué 65 personnes en 1992 et demandé que les 20,6 millions d'habitants de la Floride se préparent à partir.

"C'est une tempête d'une énorme puissance destructrice, et je demande à tous ceux qui se trouvent sur le passage de la tempête de suivre toutes les consignes des responsables du gouvernement", a tweeté le président américain Donald Trump.

L.N. avec AFP