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Najat Vallaud-Belkacem: "Je souhaite que François Hollande soit candidat"

Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, est ce mardi matin l'invitée de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV et sur RMC.

Invitée mardi matin sur BFMTV et RMC, Najat Vallaud-Belkacem commente le retour soudain du débat pour ou contre la dépénalisation du cannabis: "Je suis assez hostile à ce qu'on envoie un signal qui donnerait l'impression qu'on baisse la garde sur la lutte contre les drogues", dans une allusion aux propos de Jean-Marie Le Guen, le ministre des Relations avec le Parlement, médecin de formation.

"Il a dû exprimer une opinion personnelle", estime la ministre de l'Education. "Je rappelle que le gouvernement s'est exprimé clairement, il n'y a pas de dépénalisation du cannabis en vue (...). Il nous faut absolument préserver nos enfants de la drogue. Ensuite il y a la question de la lutte contre les trafics souterrains, qui n'est pas satisfaisante. Donc il faut revoir nos moyens de lutte contre ce trafic, mais est-ce que ça doit passer par la remise en cause des enjeux de santé publique? Je ne le crois pas. Je suis hostile à la dépénalisation du cannabis, car je pense qu'il faut des interdits dans notre société. Leur dire (aux jeunes, Ndlr) que c'est néfaste pour leur santé, c'est un message qui compte".

"Je souhaite que François Hollande soit réélu"

François Hollande sera-t-il candidat à sa succession en 2017, comme Najat Vallaud-Belkacem elle-même l'a déclaré lundi soir? "C'est une formule qui dit un souhait, un peu plus qu'un énoncé", atténue la ministre de l'Education nationale. "Oui bien sûr, je souhaite que François Hollande soit candidat, et réélu, c'est évident parce que j'estime que ce qu'il a fait au cours de ce quinquennat aura été plus qu'utile à la France, l'aura sortie de l'ornière. Je pense que cette action mérite d'être reconduite, et de durer sur le long terme, donc un deuxième quinquennat serait le bienvenu".

Le week-end dernier, le Parti socialiste a acté le principe d'une primaire de toute la gauche. Avec François Hollande? "Je pense que le président de la République sortant n'a pas à se présenter à une primaire, mais c'est mon avis à moi. Il a la légitimité institutionnelle évidente pour aller devant les électeurs". Najat Vallaud-Belkacem ne voit "pas d'alternative à gauche à François Hollande".

Emmanuel Macron? "Il faut être un peu sérieux"

Emmanuel Macron se revendique "ni de gauche ni de droite", et d'aucuns jugent précisément qu'il serait une alternative à François Hollande. "Mais alternative à quoi, si ça n'est ni de droite ni de gauche? Il faut être un peu sérieux. J'observe avec amusement la saturation médiatique provoquée par le lancement de ce mouvement par Emmanuel Macron. Sachons raison garder".

"Oui il y a une effervescence dans la société", reconnaît Najat Vallaud-Belkacem, interrogée sur la défiance de l'opinion à l'égard de l'exécutif en place. "Nuit debout en est une belle illustration, car moi j'ai plutôt de la bienveillance pour ce mouvement. Il y a une défiance à l'égard des institutions et du politique en général. (...) A quoi ça sert de conforter l'idée que le politique ne sert à rien? Qu'être de gauche ou être de droite c'est tout pareil? Ca nous mène dans le mur! Refaire de la politique au sens noble, c'est dire que les projets de société de la droite et de la gauche ne sont pas les mêmes". 

"Moi je ne crois qu'aux démarches collectives, les démarches individuelles ce n'est pas mon truc", glisse la ministre de l'Education, dans une allusion à son collègue à l'Economie. Interrogée à nouveau sur la démarche d'Emmanuel Macron et de son mouvement politique "En marche!", Najat Vallaud-Belkacem laisse sciemment passer un long silence face au micro, assurant ne pas vouloir "alimenter la machine médiatique": "C'est une initiative intéressante, mais ce n'est pas l'alpha et l'oméga de notre vie politique, donc je refuse de la commenter parce que sinon j'en rajoute".