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Cannabis: Jean-Marie Le Guen veut rouvrir le débat sur la dépénalisation

Invité de BFMTV ce lundi, le secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement a estimé que la dépénalisation du cannabis méritait "d'être discutée".

"La prohibition du cannabis en France mérite d'être discutée", a déclaré le secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement Jean-Marie Le Guen lundi face à Ruth Elkrief sur BFMTV. "La prohibition n'amène pas la diminution de la consommation. Notre pays est l'un de ceux qui consomment le plus dans la jeunesse", a-t-il argumenté.

"Il faut réfléchir aux meilleures politiques publiques. Il faut discuter des modalités. Moi, je ne veux pas arriver avec une solution toute faite. Je dis que la situation actuelle ne marche pas, que ce soit au niveau des trafics et de la culture de 'gangsterrorisation' en quelque sorte que cela crée. Je pense qu'il faut peut-être aller vers des mécanismes de légalisation contrôlée mais surtout avec des politiques d'éducation et de santé publique", a-t-il poursuivi.

"Approche sanitaire"

"Je suis un homme de santé publique. Je me suis toujours battu contre la consommation d'alcool, de tabac, et je me battrai toujours contre la consommation de cannabis chez les jeunes", a-t-il expliqué.

"Mais la prohibition n'est pas efficace", a-t-il encore estimé. "Il faut armer les jeunes pour véritablement les convaincre, il faut pouvoir leur tendre la main pour qu'ils ne restent pas dans cette consommation qui est dangereuse. C'est donc une approche sanitaire que je propose, et non pas une approche morale ou juridique."

"Levées d'interdiction très sélectives"

Toutefois, Jean-Marie Le Guen ne s'est pas déclaré favorable à ce que l'on puisse fumer un joint de cannabis dans la rue. "Je ne crois pas que ce type d'attitude soit acceptable", a dit ce médecin de profession. 

"Je pense que l'on doit avoir des levées de l'interdiction qui seront très sélectives. D'abord pour les adultes et certainement pas pour les jeunes de moins de 21 ans. Et on verra dans quelles circonstances particulières, l'usage privé et certainement pas l'usage public", a-t-il détaillé. "Je suis même pour le renforcement des sanctions, de la même façon que pour l'abus d'alcool on a renforcé les contrôles."

Avis "personnel"

L'Etat devrait-il alors contrôler cette nouvelle pratique et récupérer un nouvel impôt? "Ce n'est pas l'objet principal. Il faut faire cesser les trafics. Des milliards d'euros sont aujourd'hui dans nos banlieues et viennent alimenter une culture de l'illégalité, du refus du travail", a-t-il fait valoir.

Précisant cependant s'exprimer "à titre personnel" et non "pas en tant que membre du gouvernement", Jean-Marie Le Guen a estimé que la question faisait "partie des éléments d'un débat pour une prochaine présidentielle". 

V.R.