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Ministre, "c'est mon ultime expérience publique", assure Nicolas Hulot

Le ministre de la Transition écologique et solidaire a assuré avoir hâte de "retourner dans l'ombre". Cette mission au sein du gouvernement sera sa dernière fonction publique, a déclaré Nicolas Hulot sur BFMTV.

Nicolas Hulot a reçu ce jeudi soir Ruth Elkrief et une équipe de BFMTV dans son bureau, au ministère. Le ministre de la Transition écologique et solidaire a assuré ne pas être "fou de joie" par l'abandon du projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes (NDDL). "L'enjeu que je porte est bien au-delà de cela, et je ne suis pas en quête de trophées". Et a indiqué ne pas être heureux à la tête de son ministère, il faudrait selon lui être "cynique" et "ignorant" pour cela.

"Peut-être qu'un jour je serai satisfait"

"Peut-être qu'un jour je serai satisfait si sur trois ou quatre domaines j'ai créé les conditions d'une transition irréversible comprise et acceptée par les citoyens."

Emmanuel Macron avait évoqué au mois de décembre les inquiétudes de l'ancien journaliste, assurant qu'il n'était "jamais satisfait". Nicolas Hulot a reconnu être "un peu inquiet" mais a assuré que c'était "bien pour cela" qu'il s'engageait en faveur de l'environnement depuis trente ans. "Si je pensais que nous avions perdu notre destin, que nous ne l'avions plus en mains, je ne serais pas dans ce ministère".

"Je suis inquiet parce que je suis conscient que les années que nous avons devant nous, pour la France et surtout pour le monde, sont déterminantes pour l'irréversibilité d'un certain nombre de phénomènes que l'on essaie d'endiguer et qui peuvent plonger l'ensemble de l'humanité dans un chaos terrible."

Des relations "rationnelles" avec Emmanuel Macron

Se comporte-t-il en star capricieuse? La démission de Nicolas Hulot a été évoquée à plusieurs reprises, notamment dans le cadre de l'épineux dossier NDDL. Il avait également été absent lors de la clôture des états généraux de l'alimentation au mois de décembre. L'ancien animateur de télévision a répondu: "Non, franchement, j'espère que non, ce serait tragique pour moi". 

Quant aux relations qu'il entretient avec le président de la République et le Premier ministre, elles sont, selon lui, "rationnelles". "Des dialogues, des échanges où chacun fait un pas vers l'autre". Et a certifié que ça ne lui arrivait "pas du tout d'aller chez Edouard Philippe ou chez Emmanuel Macron" et de taper du poing sur la table. "C'est un fantasme parisien qui a couru." 

"Dans ce gouvernement, on essaie les uns et les autres de partager une vision en s'appuyant sur l'expérience, le regard, la complémentarité de chaque ministre."

"C'est mon ultime expérience publique"

Accusé de ne pas avoir démissionné parce qu'il aimerait trop la lumière, Nicolas Hulot a répondu que "quand on se tient dans la lumière, il faut absolument se tenir à l'écart de tout ce que l'on dit sur vous parce que je ne me reconnais jamais ni dans les critiques ni dans les compliments".

"J'aurai un plaisir monstrueux à retourner dans l'ombre, a-t-il confié. Si un jour, je dois quitter cette fonction, je peux vous dire que c'est mon ultime expérience publique. Après, je m'occuperai de mes enfants, de ma famille, de mes amis et accessoirement un petit peu de moi-même."

Le ministre de la Transition écologique et solidaire a également reconnu que le "poids des responsabilités" était "lourd". Parce que sa mission en faveur de l'environnement "se fait toujours dans une forme d'urgence, une intensité, une complexité (...) Je dois essayer de combiner deux échelles de temps. Tenir compte des souffrances du court terme sans sacrifier le long terme".

Céline Hussonnois-Alaya