BFMTV

Partira, partira pas du gouvernement? Hulot temporise

Nicolas Hulot

Nicolas Hulot - FRANCOIS MORI / POOL / AFP

Nicolas Hulot ne nie pas les difficultés politiques pour défendre l'écologie au sein du gouvernement, mais n'en fait pas pour autant un motif de départ du gouvernement.

Le ministre de la Transition écologique et solidaire tient à tordre le coup à une rumeur: il n'est pas prêt à claquer la porte du gouvernement. Dans un entretien au Monde ce samedi, Nicolas Hulot ne masque pas l'existence de tensions sur les sujets écologiques au sein de l'exécutif, mais n'en fait pas pour autant un casus belli susceptible de lui faire abandonner son maroquin.

"J’ai toujours dit au président de la République et au premier ministre que si tout doit se faire au forceps, c’est qu’il y a un malentendu entre nous. Que de longues discussions soient nécessaires, c’est normal. (...) Par moment, il faut que je monte au front, que je revienne à la charge, que je fasse preuve de mauvaise humeur, mais tout cela est très classique. Je n’avance pas sur un chemin de pétales de roses, mais j’avance", explique l'ancien militant écologiste. 

Arbitrages

Ce dernier explique en outre ne pas brandir sa démission pour peser politiquement en cas de désaccord. Il s'agirait, selon lui, d'une erreur tactique. "Il n’y a jamais de menaces de ma part, affirme Nicolas Hulot, parce que si vous réagissez trois fois par une menace, au bout de la quatrième, vous n’êtes plus crédible."

Il semble que le ministre se rode petit à petit au jeu des arbitrages. "J’apprends à gérer la complexité", admet-t-il.

"Il y a énormément de choses sur lesquelles je suis prêt à m’adapter pour être plus efficace tant que l’on ne perd pas de vue le sens que nous voulons donner à notre action."

Ligne rouge

S'il dit être le seul à connaître les "lignes rouges" qui le feraient claquer la porte, l'ancien présentateur d'Ushuaïa répète ne pas vouloir se "renier". "Il y a des sujets, notamment ceux touchant à la santé, pour lesquels j’ai moins d’indulgence car je sais d’expérience que la justice et l’Histoire ne sont pas amnésiques", prévient-il. "Si les Européens avaient voté par exemple la reconduction du glyphosate pour dix ans, il est clair que je me serais demandé à quoi je sers."

Le ministre confirme s'être fixé un point d'étape au bout d'une année pour "voir s'il est utile". "Mon ambition, tant que je serai à ce poste, c’est que dans les trois domaines que je porte – l’agro-écologie et le bio, les énergies renouvelables, l’économie sociale et solidaire – ce qui est aujourd’hui l’exception devienne la norme". Rendez-vous est donc pris pour un premier bilan en mai 2018.

Louis Nadau