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Deux ans à Bercy pour l'iconoclaste Macron

Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron, le 9 mai 2016.

Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron, le 9 mai 2016. - Nicolas Tucat - AFP

Emmanuel Macron présente sa démission ce mardi 30 août, deux ans et trois jours après sa prise de fonction. Un passage à Bercy marqué par plusieurs polémiques.

Fin août 2014, Emmanuel Macron, alors conseiller économique de François Hollande à l'Elysée, prenait les rênes du ministère de l'Economie après le départ fracassant d'Arnaud Montebourg. En deux ans, le jeune ministre de l'Economie s'est beaucoup fait remarquer. Notamment par quelques gaffes politiques, où il est parfois sorti du rang du gouvernement Valls pour se dessiner un costume politique sur-mesure. 

Retour sur sept moments où le locataire de Bercy a fait parler de lui. En agaçant bien souvent la gauche. 

> La remise en cause des 35 heures

"La gauche a cru que la France pouvait aller mieux en travaillant moins, c’était des fausses idées." Un des premiers coups d'éclat du ministre de l'Economie. Déjà devant le Medef, à la veille de l'université d'été socialiste l'an dernier. Le ministre avait alors tenté de se rattraper, précisant ensuite à l'AFP: "Je ne parlais pas des 35 heures mais du rapport au travail. Il en faut plus, pas moins." Le Premier ministre avait dû intervenir, pour écarter toute remise en cause du temps de travail et glissant à l'attention d'Emmanuel Macron: "Les petites phrases font mal à la vie publique."

> La suppression de l'ISF

En avril 2016, c'est à l'impôt de solidarité sur la fortune que s'en prend Emmanuel Macron. "Si on a une préférence pour le risque face à la rente, ce qui est mon cas, il faut préférer la taxation sur la succession aux impôts de type ISF", estime-t-il dans la revue Risques, référence des professionnels de l’assurance. Comme pour les 35 heures, réaction immédiate du Premier ministre: "supprimer cet impôt [...] serait une faute".

> Le statut de la fonction publique "plus adéquat"

En septembre 2015, Emmanuel Macron avait attaqué un autre totem de la gauche: il avait lâché une bombe en estimant devant un think tank de gauche que le statut de la fonction publique n'était "pas adéquat". Cette fois-ci, le recadrage était venu de François Hollande directement.

> La vie d'un entrepreneur plus dure que celle d'un salarié

Au delà de la ligne politique, parfois à côté de celle du gouvernement, ce sont également des petites phrases qui ont pu agacer. Le ministre de l'Économie a notamment soulevé une vague de critiques à gauche en janvier 2016, jugeant la vie des entrepreneurs "souvent plus dure que celle des salariés". "L'entrepreneur, c'est le commerçant du coin de votre rue, c'est votre plombier, c'est celui qui crée une start-up du digital, c'est celui qui a créé une entreprise qui est devenue un grand groupe. C'est cela un entrepreneur", avait-il précisé alors. 

> Les "illétrées" de GAD

En septembre 2014, peu de temps après d'avoir pris son poste, il évoquait sur Europe 1 le cas des abattoirs de Gad, et ses travailleurs. "Il y a dans cette société une majorité de femmes. Il y en a qui sont, pour beaucoup, illettrées", avait-il expliqué. Obligé de rétropédaler et de présenter ses excuses, quelques heures plus tard: "Je les ai appelées pour m'excuser, mais je le ferai aussi directement et sur place. C'était tout le contraire de ce que je voulais faire".

> L'affaire du costard et du tee-shirt

Lors d'un déplacement dans l'Hérault, Emmanuel Macron a eu droit à un échange musclé dans une rue de Lunel, sur la loi Travail. L'échange, sous l'oeil des caméras, dure environ dix minutes. Piqué au vif, le locataire de Bercy se défend d'avoir "des leçons à recevoir". Puis, lance: "vous n'allez me faire peur avec votre tee-shirt, la meilleure façon de se payer un costard c'est de travailler".

> Les gens qui doivent rêver de devenir milliardaires

Dans une interview aux Echos, Emmanuel Macron évoque l'économie du web. Jusque là, du classique. Mais il affirme également: "il faut des jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaires." "L'économie du Net est une économie de superstars", poursuit-il. Une petite phrase qui n'a pas manqué de faire réagir, notamment à gauche. 

Ivan Valerio