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Macron suggère de supprimer l’ISF et s’attire les foudres de Valls

Emmanuel Macron a été recadré par Manuel Valls après sa sortie sur l'Impôt sur la fortune.

Emmanuel Macron a été recadré par Manuel Valls après sa sortie sur l'Impôt sur la fortune. - AFP: Montage BFMTV

Le ministre de l’Economie n’est pas convaincu par l’impôt de solidarité sur la fortune, et le dit dans une revue professionnelle. Une fois de plus, Manuel Valls est monté au créneau pour le désavouer.

Faut-il supprimer l’impôt sur la fortune? C’est ce que laisse entendre Emmanuel Macron mercredi. Dans la revue Risques, référence des professionnels de l’assurance reproduite par Le Figaro, le ministre de l’Economie estime que "si on a une préférence pour le risque face à la rente, ce qui est mon cas, il faut préférer la taxation sur la succession aux impôts de type ISF".

Une remarque accueillie par un soupir de Manuel Valls. Sur France Info, le Premier ministre n’a pas mâché ses mots:

"Au moment où nous créons la prime d'activité, où nous avons annoncé la prolongation de cette augmentation du RSA, où nous nous attaquons pleinement à ce fléau que représente la pauvreté, où nous ouvrons ce débat sur le revenu universel, au nom même de la justice (...), supprimer cet impôt, qu'on peut toujours améliorer, rendre plus efficace d'un point de vue économique, serait une faute".

Macron veut "être utile au pays"

Un recadrage de plus pour Emmanuel Macron, qui n’en est pas à sa première sortie du genre. Depuis son entrée au gouvernement, le ministre a déjà remis en cause publiquement les 35 heures, ainsi que le statut des fonctionnaires. Des prises de positions qui ont entraîné des interventions de Manuel Valls. Une fois encore, donc, le chef du gouvernement a voulu mettre en garde Emmanuel Macron:

"Je demande à chaque ministre, puisqu'il reste encore un an, d'être pleinement attelé à sa fonction, à sa mission. Il y a encore beaucoup à faire pour l'économie française, pour la rendre plus compétitive, pour soutenir nos entreprises en France et à l'étranger."

Pourquoi Emmanuel Macron a-t-il choisi de s’attaquer à l’ISF, lui qui en 2014 avait dénoncé "la provocation" de Pierre Gattaz, patron du Medef qui avait lui-même réclamé la suppression de cet impôt? Depuis le lancement de son mouvement politique "En marche", le ministre qui se dit "ni de droite ni de gauche" prend des libertés et agace son propre camp. Plusieurs fois, ses collègues du gouvernement - dont Myriam El Khomri lundi sur BFMTV - lui ont reproché à mots couverts ses "initiatives individuelles". 

Dans une interview au quotidien belge Le Soir, Emmanuel Macron affirme que son mouvement est destiné à "nourrir une ambition présidentielle". "Mais c’est seulement après avoir établi un diagnostic et proposé un plan d’action que se posera la question de la personne", ajoute-t-il. Ce qu'il veut? "Etre utile au pays". 

A. K.