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Gilets jaunes: Marine Le Pen accuse Emmanuel Macron de "complotisme"

La présidente du RN estime qu'une dissolution de l'Assemblée nationale et un retour aux urnes sont les seuls moyens de sortir de la crise actuelle.

Invitée de BFM Politique ce dimanche, la présidente du Rassemblement national (RN) Marine Le Pen a de nouveau égratigné Emmanuel Macron sur sa gestion des gilets jaunes, accusant le président de la République de "complotisme" en soulignant qu'il refusait "de sortir de la crise par la voie institutionnelle."

Interrogée sur les manifestations de gilets jaunes, la leader du parti d'extrême droite a expliqué que les responsables des affrontements n'étaient ni les manifestants, ni les policiers, mais que c'était "la faute de Macron". Pour elle, le gouvernement est la cause de la situation et "le seul moyen d'en sortir est une proportionnelle intégrale, une baisse de nombre de parlementaires et le RIC (Référendum d'initiative citoyenne)".

"Il faut une dissolution de l'Assemblée et revenir aux urnes afin que les Français élisent une assemblée représentative. Elle se ressaisira des problématiques de justice sociale et fiscale. Si Macron fait ça, il n'y aura plus de manifestations."

Par la suite, Marine Le Pen a assuré que le président de la République était tombé dans la "paranoïa" et le "complotisme." "Il ne veut pas sortir de la crise, ses révélations aux journalistes en disent long, il pense que les gilets jaunes sont manipulés de l'étranger, c'est du complotisme et c'est inquiétant" détaille-t-elle.

"Il y a une volonté de ne jamais se remettre en question, ce sont toujours les autres tout le monde sauf lui."

Le rôle des Black Blocs

Marine Le Pen s'en est également prise à Christophe Castaner, qu'elle accuse de laxisme quant aux violences qui ont émaillées les weekends de revendications des gilets jaunes. "Castaner laisse les black blocs venir semer la violence dans les manifestations. Samedi, ce sont les gilets jaunes qui se sont révoltés contre eux."

"Les black blocs sont venus pour la violence, ce qu'ils font depuis des années dans une forme d'impunité, on se demande si le gouvernement n'y trouve pas une forme d'intérêt" a-t-elle poursuivi.

La finaliste de la dernière élection présidentielle s'est également demandé pourquoi ces groupuscules n'était pas dissous. 

"Même sous Hollande jamais n'a été demandée la dissolution de ces groupes dont la violence est la norme. Ce sont eux qui sont à l'origine de la dévastation de Paris le 1er mai dernier. Est-ce que depuis le début des manifestations le gouvernement n'a pas intérêt à décrédibiliser (les gilets jaunes, NDLR) en laissant les groupuscules faire? Cela fait des années que je le dis, ils répondent à toutes les exigences de la loi pour la dissolution."

"Loi anti-casseurs" anticonstitutionnelle 

Quant à la loi anti-casseurs voulue par le gouvernement, Marine Le Pen a expliqué qu'il était impossible "de la voter avec la modification ajoutée, l'article 2, qui transfère du juge au préfet la possibilité d'interdire pendant un mois, partout en France, une manifestation, c'est anticonstitutionnel".

"C'est la fin de la démocratie telle que nous la défendons, ce n'est pas possible d'accompagner cette mesure. Nous avons parfaitement la possibilité avec les textes existants de lutter contre les groupuscules violents" a-t-elle conclu.

Hugo Septier