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Pour Marine Le Pen, François Bayrou "aurait dû rester" ministre

Marine Le Pen.

Marine Le Pen. - BFMTV

La présidente du Front national et députée du Pas-de-Calais assure sur BFMTV et RMC qu'elle ne démissionnera pas s'il est mise en examen dans l'affaire des assistants parlementaires européens du FN.

Atteinte à la démocratie, manipulation des médias, collusion des pouvoirs... Marine Le Pen a développé sur BFMTV et RMC sa rhétorique sur la justice qui enquête sur les affaires et notamment celle des assistants parlementaires européens du Front national. A en croire la députée FN du Pas-de-Calais, fraîchement élue, les magistrats et les médias "dans les mains d'untel ou d'untel" influent sur la vie politique. Dernier exemple en date: le départ du gouvernement du ministre de la Justice, dont le parti, le MoDem, est soupçonné d'avoir rémunéré des assistants locaux avec l'argent du Parlement européen.

"Bien sûr, François Bayrou aurait dû rester en place, estime la présidente du Front national. L'affaire Bayrou tout le monde l'avait pendant la campagne présidentielle, l'affaire Ferrand, l'AFP l'a étouffée alors qu'elle avait tous les éléments avant l'élection présidentielle, la question est qu'est-ce qui permet à des médias d'interagir ainsi sur le cours d'une élection (...)"

Rendez-vous chez les juges "prochainement"

Estimant que cette "influence sur l’élection" est "néfaste à la vérité, à la justice et à la démocratie", Marine Le Pen assure qu'elle ne démissionnera pas si elle est mise en examen dans l'affaire qui la concerne, celle des assistants parlementaires européens du Front national. "Je suis absolument innocente", clame la députée. Pour la présidente de parti sa relation de travail avec son assistant n'est pas remise en cause par la justice. 

"Les juges me demandent de prouver la nature de ces relations, détaille-t-elle. Il va falloir, moi, que j’aille donner à un juge tout. Mon agenda, mes contacts, mes relations, mes rendez-vous (…) les notes que j’échange avec mes collaborateurs. Je vais tout donner à des juges et donc tout donner à Mediapart, au Canard enchaîné puisqu’il n'y a plus aucun secret de l’instruction."

Dans cette affaire, Marine Le Pen assure qu'elle "ne fera pas jouer" son immunité parlementaire puisqu'elle a pris rendez-vous avec les juges français, après avoir refusé en mars dernier de se rendre à la convocation des magistrats. "Oui, j’ai pris rendez-vous chez les juges, je m’y étais engagée, assure-t-elle. Quand je dis les choses, je les fais." Une rencontre qui devrait se dérouler "prochainement" pour, avant tout, "discuter de droit".

"Je pense objectivement nous sommes là, dans toutes ses enquêtes, dans une violation de la séparation des pouvoirs, poursuit Marine Le Pen. Je pense qu’il s’agit d’une prise en main, en quelque sorte, par la justice et accessoirement par l’exécutif. On y perd de l’indépendance des assemblées auxquelles nous appartenons."

J.C.