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Marine Le Pen exclut de renommer le FN "Les Patriotes"

Marine Le Pen ne veut pas le départ de Florian Philippot du Front national

Marine Le Pen ne veut pas le départ de Florian Philippot du Front national - ALAIN JOCARD / AFP

Invitée dans la matinale de RTL, la présidente du Front national entend élargir et moderniser son mouvement politique. Le seul, selon elle, en mesure d'être dans l'opposition.

Un temps évoquée comme nouveau nom potentiel du Front national, l'appellation "Les Patriotes" ne semble pas avoir les faveurs de Marine Le Pen. "Non, si les adhérents du Front national décident de changer de nom, ce ne sera pas celui-là", a-t-elle affirmé ce matin au micro de RTL, avant de préciser:

"Je pense que si nous grandissons, si nous nous modernisons, et si nous rénovons aussi la structure, c'est précisément parce qu'en arrivant au second tour de l'élection présidentielle et en ayant réuni onze millions de Français, nous avons dores et déjà dépassé le Front national traditionnel."

Exit donc "Les Patriotes". Il faut dire que ce terme, déposé en 2015 par un proche de Florian Philippot, a donné il y a peu son nom au think tank créé par le numéro 2 du Front national. En interne, cette initiative serait contestée par les cadres du parti. Faux, d'après Marine Le Pen qui dément formellement en niant l'existence de "problèmes au Front national", en affirmant qu'il n'y a pas de "front anti-Philippot" et en défendant l'action de son bras droit:

"C'est une association qui vise à réfléchir au chantier que nous allons ouvrir après les législatives. Il peut y en avoir. Tout le monde va participer à ce chantier de modernisation, d'élargissement de la base du Front national. Tout le monde doit rester au Front national. Je n'envisage pas le départ de Florian Philippot. On peut très bien avoir des débats et ces débats vont exister. ils sont sains, c'est un fonctionnement démocratique. On peut même ne pas être d'accord sur un certain nombre de sujets mais personne n'a à quitter le Front national pour cela, ça n'a pas de sens". 

"Un mouvement uni"

Marine Le Pen réfute toute affirmation selon laquelle le Front national serait déstabilisé depuis la défaite à l'élection présidentielle. Au contraire, elle se dit première force d'opposition grâce à son socle électoral qui s'avère être l'un des plus solides: 

"Je suis sûr le terrain, je vois des gens extrêmement solides et déterminés. [...] Dans la réalité, le Front national converge intégralement vers les législatives, le mouvement est uni. Il est assis aujourd'hui sur onze millions de Français qui lui ont accordé leur confiance au second tour de l'élection présidentielle", explique la présidente du parti.

Le Pen étrille la droite

Car la volonté de la candidate à l'élection présidentielle est bien d'élargir son mouvement pour l'imposer clairement comme première force d'opposition face à la politique du président de la République: "Nous sommes à la tête de l’opposition parce que les Français l’ont décidé lors du second tour de l’élection présidentielle, parce que nous avons réuni un Français sur trois et parce que nous sommes les seuls à être véritablement dans l’opposition à Emmanuel Macron", explique Marine Le Pen, faisant allusion aux rapprochements de certains Républicains avec la République en Marche

"Quand j’entends 170 élus et responsables Républicains pleurnicher pour qu’Emmanuel Macron leur prenne la main... Quand j’entends les déclarations de M.Raffarin expliquant qu’il faut que la droite aide M.Macron... Et surtout quand j’entends M.Baroin expliquer qu’il veut un partage des responsabilités... Ça ressemble presque à un mariage".

Et la présidente du Front national d'ajouter: "Il n’y a plus de parti les Républicains, […] il est atomisé. Les Républicains sont atomisés. Nous sommes dans une grande recomposition de la vie politique et c’est enthousiasmant. Nous allons jouer un rôle essentiel dans cette recomposition", indique-t-elle tout en se disant prête à tendre la main "à tous les élus opposés à la politique d'Emmanuel Macron, de droite comme de gauche, parce qu'il est là le vrai chantier de la recomposition politique."

Paul Louis