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Congrès du FN: nouvelle victoire pour Jean-Marie Le Pen

Troisième camouflet pour le bureau politique du parti de Marine Le Pen. La cour d'appel de Versailles a confirmé la suspension du congrès du Front national censé supprimer le statut de président d'honneur de Jean-Marie Le Pen.

Tout était programmé pour obtenir l'éviction de Jean-Marie Le Pen des instances du Front national. Mais la cour d'appel de Versailles a confirmé mardi la suspension du congrès du parti d'extrême-droite censé supprimer le statut de président d'honneur. Jean-Marie Le Pen remporte ainsi une troisième victoire judiciaire face au parti qu'il a cofondé.

Dans son arrêt, la cour "confirme en toutes ses dispositions" la décision rendue le 8 juillet par les juges des référés du tribunal de grande instance de Nanterre, qui avaient suspendu cette consultation des adhérents, organisée jusqu'au 10 juillet par voie postale, "jusqu'à organisation d'une assemblée générale extraordinaire conforme aux statuts actuellement applicables".

Quelque 51.500 adhérents devaient approuver ou rejeter par courrier, jusqu'au 10 juillet, les nouveaux statuts du parti d'extrême droite, dont le titre de président d'honneur du "Menhir" a été supprimé. Mais les juges de Nanterre avaient notamment estimé que le parti avait "violé" ses règles internes en organisant ce congrès par correspondance, et non sous forme physique comme cela devrait être le cas pour une modification des statuts. Un éventuel pourvoi en cassation du parti ne remettrait pas en cause la suspension du congrès.

"On ne le veut plus"

Frédéric Joachim, l'avocat de Jean-Marie Le Pen, a salué "une victoire" sur BFMTV et qualifié son client d'"autorité morale incontestable" et d'"organe de vigilance" pour le FN.

Pour Gilbert Collard, député Rassemblement Bleu Marine du Gard interrogé sur BFMTV, "ce sont des juges qui semblent vraiment avoir une volonté incroyable de maintenir Jean-Marie Le Pen dans sa fonction d'imprécateur de propos que nous, nous ne voulons plus entendre". 

"C'est une manière quand même de permettre à Jean-Marie Le Pen de continuer à parler comme il le fait de la Shoah, du détail, de la question des chambres à gaz en se réclamant du Front alors que nous on ne le veut plus", a-t-il regretté sur BFMTV.

Mis au ban du parti après une nouvelle série de provocations en avril, Jean-Marie Le Pen, 87 ans depuis peu, a remporté début juillet deux victoires en justice face à sa fille Marine Le Pen, présidente du FN: l'annulation de sa suspension en tant qu'adhérent prononcée début mai par les instances dirigeantes, puis la suspension, lors d'une procédure d'urgence, de son congrès. Le FN a fait appel.

A. D. avec AFP