BFMTV

Fillon attaque sur les affaires: "Qui imagine le Général de Gaulle mis en examen?"

François Fillon, candidat à la primaire de la droite et du centre, a officiellement lancé sa campagne cet après-midi dans son fief de la Sarthe. Il a notamment taclé l'ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, sur ses affaires judiciaires.

François Fillon, candidat à la primaire de la droite et du centre, a officiellement entamé sa campagne dans son fief de Sablé-sur-Sarthe ce dimanche après-midi. Un discours dans lequel François Fillon tacle. Nicolas Sarkozy ou François Hollande, les allusions sont transparentes.

L’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy a attaqué ce dernier sur le volet judiciaire en posant la question: "Qui imagine un seul instant le général de Gaulle mis en examen?".

"Ceux qui ne respectent pas les lois de la République ne devraient pas se présenter auprès des électeurs, a lancé l'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy, il ne sert à rien de parler de protéger les lois quand on n'est pas soi-même irréprochable. Qui imagine le Général De Gaulle mis en examen ?"

Dans son discours, François Fillon a toutefois pris soin de ne jamais nommer son rival. Au 20 heures de TF1, l'ancien Premier ministre a usé de la même stratégie, sans reconnaître que ces attaques visaient Nicolas Sarkozy, mis en examen dans deux affaires: Bygmalion et les écoutes.

Déplorant "une dégradation de la vie politique", François Fillon a affirmé vouloir exercer le pouvoir "avec des règles d'exemplarité", "qui aujourd'hui, n'ont plus cours".

"Je ne participe pas au concours Lépine des propositions les plus stupides"

"Je ne perds pas mes nerfs. Je ne participe pas au concours Lépine des solutions les plus stupides et les plus imbéciles, censées lutter contre le terrorisme. Non, enfermer des dizaines de milliers de suspects sans contrôle et sans jugement ne réduira pas le risque d'attentat mais l'aggravera", a-t-il lancé en référence à la proposition de Nicolas Sarkozy de mettre en "rétention surveillée" les fichés S.

L'ancien Premier ministre fait référence à la proposition du député Les Républicains, Georges Fenech, de créer un "guantanamo à la française". Une proposition appuyée par Nicolas Sarkozy.

Autre pique: "Non, l'Etat de droit n'est pas un obstacle à la lutte contre le terrorisme, c'est au contraire la meilleure arme contre les totalitaires qui en veulent à nos libertés" alors que l'ancien chef de l'Etat a repoussé d'un revers de main les "arguties juridiques" qui empêcheraient de lutter contre le terrorisme.

Un président prenant la parole à tort et à travers

Pour François Fillon, l’élection présidentielle ne peut pas se réduire aux enjeux sécuritaires, pour oublier les six millions de chômeurs”.

Le président de la République, François Hollande a aussi été directement visé par le candidat.

“Le président de la République ne devrait pas être un président de fait divers, prenant la parole à tort et à travers”. “Depuis un moment, le président sape le constitution en rognant les tâches du gouvernement” a-t-il poursuivi.

Il a par ailleurs déclaré avoir combattu la déchéance de nationalité, “un artifice inutile qui affaiblissait notre constitution”.

Recadré par le président des Républicains

Invité sur BFMTV dimanche, Laurent Wauquiez président par intérim du parti Les Républicains, a vivement critiqué le discours de François Fillon.

"Il y a une ligne de conduite à respecter: pas d'attaques personnelles, pas de coup bas. Les membres de notre famille politique et les Français sanctionneront fortement ceux qui s'y livreront" a-t-il déclaré sur BFMTV.

Laurent Wauquiez condamne les propos de l'ancien Premier ministre et rappelle que la primaire est "une compétition sur le fond et doit le rester, ça ne peut pas être un pugilat de petites phrases". Une rentrée musclée donc, certains disent que la meilleure défense c'est l'attaque. Peut-être la ligne de conduite choisi par François Fillon, distancé dans les sondages.
P. P. et M.H. avec AFP