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Emploi, sécurité, logement: Macron dévoile ses premières propositions

Emmanuel Macron, le 18 août 2016.

Emmanuel Macron, le 18 août 2016. - Romain Perrocheau - AFP

Une semaine après son rendez-vous de Strasbourg, Emmanuel Macron tient ce mardi soir sa deuxième "conférence-meeting" au Mans. L'occasion de poursuivre son "diagnostic" de la France, en dévoilant cette fois des propositions sur l'emploi, le logement, la sécurité et la santé.

Lors de son premier meeting à Strasbourg, en forme d'entrée non officielle dans la campagne présidentielle de 2017, Emmanuel Macron, candidat non déclaré, a livré ses "pistes de réflexion", propositions non formelles elles aussi, autour des institutions.

Ce mardi soir, un deuxième rendez-vous a été donné au Mans à ses "marcheurs". Comme en Alsace, mais dans un format annoncé comme légèrement raccourci et plus dynamique, l'ancien ministre de l'Economie a d'abord livré son "diagnostic", issu de sa marche à travers la France et de ses échanges avec des experts, avant de laisser la part belle à ses "marcheurs" et de monter sur scène à son tour.

Cinq grandes priorités

Cette fois, il n'a pas été pas question des institutions, mais de la vie quotidienne des Français. Pour évoquer des thèmes de proximité, Emmanuel Macron a choisi le chef-lieu de la Sarthe, une terre de gauche, communiste puis socialiste depuis 40 ans.

Emmanuel Macron affiche l'ambition de repenser le système. Cela vaut pour l'emploi, pour la santé, la sécurité, mais aussi pour l'éducation et la mobilité, ses cinq priorités. Selon lui, la société française a évolué mais le système qui structure la vie des citoyens, lui, n'a pas changé aussi vite et a pris du retard.

Une déclinaison plus accentuée de la loi Travail

Pour repenser le travail, l'ancien ministre souhaite par exemple ne pas s'attarder sur la question du temps de travail, mais plutôt sur la mise en place d'une structure qui s'adapterait à différentes réalités. Celle de l'intérimaire, celle de l'indépendant, mais aussi celle du cadre.

Il propose de revoir le financement du modèle social français dont certains profitent, selon lui, alors que d'autres le payent, comme les travailleurs indépendants. 

Parmi ses propositions, une déclinaison plus accentuée de l'actuelle loi Travail qui instaurerait la primauté des "négociations d'entreprise sur tous les sujets fondamentaux". Les accords de branche seront toujours possibles, précise-t-il, "dans certains secteurs, comme l'habillement, qui sont massivement occupés par des TPE/PME". 

Pour une formation professionnelle qui protège

Interrogé sur sa méthode pour faire adopter un tel projet, Emmanuel Macron dit vouloir s'appuyer sur "l'intelligence collective". "On a le droit d'expliquer aux gens que ce qu'ils croient être protecteur ne marche pas", a-t-il estimé. "C'est la vraie différence avec la loi travail qui n'a pas été expliquée dans un temps démocratique", a-t-il encore affirmé. Enfin, il appelle à revoir la formation professionnelle, afin qu'elle protège les travailleurs.

"Le changement de paradigme que je propose est un basculement beaucoup plus radical", affirme-t-il, épinglant les "contraintes qui ne sont pas adaptées à l'entreprise, à la branche" d'activité, et les "normes qui enferment, cadenassent et bien souvent font une victime qui est le plus jeune, le moins qualifié". 

Pour une police de proximité

En matière de sécurité, Emmanuel Macron plaide pour une police de proximité. Afin que les forces de l'ordre identifient davantage les risques et les priorités à traiter, il souhaite également rebâtir le renseignement sur le territoire.

Développer les transports publics et le logement

En termes de mobilité, Emmanuel Macron souhaite avant tout développer les transports en commun, afin d'assurer une mobilité de proximité. Pour lui, cela va de pair avec la nécessité de désenclaver certaines zones en dehors des métropoles.

Cette politique de mobilité devrait s'accompagner d'une politique du logement qui encourage les constructions. La priorité, pour lui, est la création de nouveaux logements, et non par exemple la subvention de certains loyers avec les aides au logement.

Améliorer le système de santé et la prévention

Si Emmanuel Macron considère que le système de soins est performant en France, il estime en revanche que le système de santé, lui, peut être amélioré. En clair, on soigne bien les maladies, mais il faudrait mieux les prévenir. Selon lui, notre système a été conçu pour une population jeune, alors que la société d'aujourd'hui est vieillissante.

Il souhaite créer un continuum de santé depuis l'école, et intéresser les médecins au suivi des patients, au-delà de l'acte médical et de la prescription. Le financement doit donc prendre en compte cette prévention et dépasser le système de rémunération à l'acte.

Un suivi personnalisé contre l'échec scolaire

Enfin, concernant l'éducation, Emmanuel Macron veut combattre en priorité l'échec scolaire. Cela passe pour lui par le fait de revenir à des fondamentaux, voire à un rigorisme extrême qu'il dit assumer, afin d'assurer un socle de connaissances à chaque élève. Pour les jeunes en échec scolaire, il prône aussi un suivi personnalisé.

Il faut selon lui répondre à deux "faillites", le fait qu'un enfant sur cinq ne sache pas lire à la sortie du CM2, et le fait que certains jeunes quittent le système scolaire sans emploi ni formation.

Charlie Vandekerkhove avec Mathieu Coache