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Un syndicat appelle Macron à retirer sa plainte contre un photographe

Emmanuel Macron lors d'un discours à Orléans en juillet 2017 (image d'illustration)

Emmanuel Macron lors d'un discours à Orléans en juillet 2017 (image d'illustration) - Michel EULER / AFP

Un syndicat de journalistes juge illégitime la plainte pour "harcèlement" déposée par Emmanuel Macron à l'encontre d'un journaliste de presse people.

Le syndicat de journalistes SNJ-CGT a demandé mercredi au président Emmanuel Macron de retirer sa plainte pour "harcèlement et tentative d'atteinte à la vie privée" contre un photographe de presse qui le suivait sur son lieu de vacances à Marseille.

Emmanuel Macron, actuellement en vacances dans la cité phocéenne, avait porté plainte mardi contre un photographe qui, selon l'Elysée, se serait montré insistant en dépit de mises en garde, et se serait introduit sur la propriété où réside le chef de l'Etat. Cette version a été contestée par le photographe.

Différentes versions des faits

Tout en disant ne pas se reconnaître dans la presse "people", le SNJ-CGT explique dans un communiqué qu'il "ne peut accepter de voir un président de la République, qui a largement usé et abusé de la presse, aussi bien 'people' que d'information, porter plainte contre un photographe".

Selon le SNJ-CGT, les différentes versions des faits concernant l'interpellation du photographe "sont si éloignées que tout dépôt d'une plainte apparaît inapproprié".

En outre, le syndicat relève que "quelques heures plus tard, Emmanuel Macron a multiplié les poses et alimenté quelques réseaux sociaux pour immortaliser sa visite aux footballeurs de l'Olympique de Marseille", un événement dont les journalistes "avaient été écartés".

Une atteinte à la liberté de leur profession

Le syndicat voit dans cette séquence "une nouvelle manifestation" de la volonté du président "de maîtriser sa communication et d'adresser un message à la profession de journaliste". 

Il souligne que "les journalistes ne doivent pas se transformer en relais de communication" de quiconque, et "doivent pouvoir exercer leur profession en toute liberté", et appelle donc au retrait de la plainte présidentielle.

Qu'un chef de l'Etat, lui-même protégé de poursuites durant son mandat par son immunité présidentielle, porte plainte n'est pas fréquent. C'est ainsi une première depuis le début de son quinquennat pour M. Macron.

François Hollande n'avait pas intenté d'actions en justice durant son quinquennat. L'actrice Julie Gayet avait elle attaqué en justice le magazine people Voici qui avait publié en 2014 des photos d'elle et du chef de l'Etat dans l'enceinte de l'Elysée.

Son prédécesseur, Nicolas Sarkozy, avait porté plainte à plusieurs reprises, dont une contre le Nouvel Observateur: l'hebdomadaire avait affirmé qu'il avait envoyé un SMS à son ex-épouse, Cécilia, lui proposant d'annuler son mariage avec Carla Bruni.

C.Br. avec AFP