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Tribune d'Aubry: à l'autre bout du monde, Hollande reste silencieux

François Hollande à Lima, au Pérou, le 23 février.

François Hollande à Lima, au Pérou, le 23 février. - Cris Bouroncle - AFP

En tournée en Amérique Latine, le président de la République ignorait visiblement la sortie à venir de la tribune acerbe de Martine Aubry dans Le Monde. Et s'est refusé à tout commentaire.

Un seul mot d'ordre: le silence. Mercredi, alors que la tribune anti-François Hollande et Manuel Valls, signée par Martine Aubry, Daniel Cohn-Bendit et plusieurs frondeurs dans Le Monde, s'abattait tel un coup de tonnerre sur le gouvernement, le chef de l'Etat est resté muet, à l'autre bout du monde.

Pas de réaction, ni de questions

En tournée en Amérique Latine, François Hollande était en partance du Pérou vers l'Argentine lorsque la tribune est sortie. Et selon Le Parisien, l'Elysée ignorait la publication à venir de ce texte au vitriol, dans lequel le président de la République et le Premier ministre sont directement visés par des critiques virulentes de leur politique.

Alors que la délégation de François Hollande était occupée à gérer la panne de l'Airbus présidentiel, cloué au sol, qui a obligé le chef de l'Etat à emprunter un Falcon pour rejoindre Buenos Aires depuis Lima, la sortie de la tribune est venue cristalliser la nervosité de l'équipe du président de la République. Et la consigne a été immédiatement diffusée auprès des journalistes accompagnateurs: le chef de l'Etat ne ferait aucune réaction directe. "Il est hors de question que le président réponde à une tribune de l'étranger", a-t-on indiqué dans l'entourage de François Hollande. Dont acte, une fois le Falcon posé à Buenos Aires: le président s'est terré dans le silence.

A tel point que sa conférence de presse conjointe avec le président argentin Mauricio Macri s'est soldée en une simple déclaration commune autour de l'amitié entre la France et l'Argentine. Autrement dit, les journalistes couvrant le déplacement n'ont pas eu la possibilité de poser des questions. Raison officielle affichée: une volonté de la présidence argentine, qui fait face à une grogne sociale dans son pays. 

Toutefois, selon nos informations, François Hollande a confié en privé à certains membres de sa délégation qu'à ses yeux, "la tribune visait surtout Manuel Valls".

A Paris, les Hollandais s'organisent 

Si le chef de l'Etat a fait le choix du silence, ses proches ont assuré sa défense depuis Paris. Sur BFMTV, le secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen, a dénoncé "une faute politique" de la part de Martine Aubry. 

"C'est une faute politique de s'en prendre à ce point, avec autant d'outrance, au gouvernement, à la majorité, à laquelle nous appartenons tous. C'est à la fois injuste, et encore une fois une faute politique", a-t-il déclaré. "Est-ce que dans le Nord-Pas-de-Calais les choses ont été si bien au moment des élections pour qu'on vienne nous donner des leçons?", a-t-il interrogé, visant, sans la nommer, la maire de Lille. 

Même son de cloche du côté du porte-parole du gouvernement et ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll. "Le débat n'est pas au sein du Parti socialiste. Il est avec la France et les Français", a-t-il estimé au micro de BFMTV. "On ne peut pas utiliser les mots qui ont été utilisés". 

De son côté, le chef de file des députés socialistes à l'Assemblée, Bruno Le Roux, fustige les termes employés. "Parler d''affaiblissement de la France', c'est une faute. On voit les rancunes dans ce texte, qui fondent une vraie différence entre une gauche qui ne cesse de critiquer, par rapport à une gauche qui agit", a-t-il dénoncé. Et d'ajouter: "La gauche qui agit, elle accepte les débats, mais pas les mises en cause comme celles qu'il y a dans ce texte. 

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