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"Trop, c'est trop!": la nouvelle charge d'Aubry contre Hollande et Valls

Dans une tribune au Monde, la maire de Lille et d'autres visent le pacte de responsabilité de janvier 2014, le "désolant débat sur la déchéance de nationalité", "l’indécent discours de Munich" de Manuel Valls sur l’accueil des réfugiés en Europe, et le projet de réforme du code du travail.

"Il est des vérités désagréables à dire mais (...) trop, c'est trop", jugent Martine Aubry et Daniel Cohn-Bendit dans une tribune à paraître dans Le Monde daté du 25 février et intitulée Sortir de l'impasse. Dans un texte au vitriol signé par plusieurs intellectuels ou responsables socialistes et écologistes, François Hollande et Manuel Valls sont directement visés par des critiques virulentes contre la politique menée. La dernière loi de réforme du code du travail a été la goutte d'eau qui fait déborder le vase.

"Ce n’est plus simplement l’échec du quinquennat qui se profile, mais un affaiblissement durable de la France qui se prépare, et bien évidemment de la gauche, s’il n’est pas mis un coup d’arrêt à la chute dans laquelle nous sommes entraînés", écrivent l'ancienne candidate à la primaire 2011 et l'ancien député européen. 

> Un flot de critiques...

"Mais, à côté de cela, que de reculs!", reprend le texte. Dans cette tribune sont ainsi directement visés le pacte de responsabilité de janvier 2014, "pacte avec le Medef qui se révéla un marché de dupes", le "désolant débat sur la déchéance de nationalité (…) qui touche au fond à notre conception de l’identité de la France".

Puis les signataires dénoncent "la meurtrissure de l’indécent discours de Munich" de Manuel Valls sur l’accueil des réfugiés en Europe. "Non, Angela Merkel n’est pas naïve, Monsieur le premier ministre. Non, elle n’a pas commis une erreur historique. Non, elle n’a pas mis en danger l’Europe, elle l’a sauvée", assurent-ils. 

Enfin, le projet de réforme du code du travail subit son lot d'attaques. " Réduire les protections des salariés face au licenciement conduira plus sûrement à davantage de licenciements", dit le texte. "Que le patronat institutionnel porte ces revendications, pourquoi pas, admet-il. Mais qu’elles deviennent les lois de la République, sûrement pas! Pas ça, pas nous, pas la gauche!" Quant à la menace de Manuel Valls et de Myriam El Khomri d'user, contre la volonté de François Hollande, du 49.3, "la méthode n’est plus supportable" estiment-ils avant de juger que "la démocratie est atteinte."

> ... et trois lignes d'encouragements

Trois lignes du texte saluent "les succès de la COP21, la priorité donnée à la lutte contre les inégalités à l’école, les avancées de la loi santé".

> "Sortir de l'impasse"

A terme, cet appel, signé aussi certains qui appelaient à une primaire à gauche, est destiné à devenir une pétition populaire. Mais jamais un scrutin interne à la gauche en vue de 2017 n'est mentionné dans ces lignes même si Martine Aubry devrait participer à une réunion sur la question selon La Voix du Nord.

"Pour sortir de l’impasse, écrivent-ils, il faut de vraies réformes, synonymes de progrès économique, social, écologique et démocratique. Elles doivent être porteuses d’émancipation pour chacun et de vivre-ensemble pour tous. C’est ce chemin qu’il faut retrouver! Celui de la gauche tout simplement!" 

> La liste des signataires

Claude Alphandéry (résistant, économiste engagé dans l’insertion), Martine Aubry (maire de Lille, PS), Daniel Cohn-Bendit (ancien député européen écologiste), Daniel Cohen (économiste, membre du conseil de surveillance du Monde), Laurence Dumont (première vice-présidente de l’Assemblée nationale, députée du Calvados, PS), Yann Galut (député du Cher, PS), Jean-Marc Germain (député des Hauts-de-Seine, PS), Annie Guillemot (sénatrice du Rhône, PS), Benoît Hamon (député des Yvelines, PS), Yannick Jadot (député européen, EELV), Bruno Julliard (premier adjoint à la maire de Paris, PS), Axel Kahn (généticien, essayiste), Chaynesse Khirouni (députée de Meurthe-et-Moselle, PS), François Lamy (député de l’Essonne, PS), Gilles Pargneaux (député européen, PS), Christian Paul (député de la Nièvre, PS), Laura Slimani (présidente des Jeunes socialistes européens) et Michel Wieviorka (sociologue). 

S.A.