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Syrie: Emmanuel Macron "a bon espoir d'obtenir une trêve" en Goutha orientale

La diplomatie européenne emmenée par Emmanuel Macron et Angela Merkel se mobilise avant un vote crucial au Conseil de sécurité de l'ONU. Le but est d'obtenir que la Russie ne mette pas son veto à une résolution visant à faire cesser les massacres à la Goutha Orientale, en Syrie.

"J'ai bon espoir que nous puissions obtenir une résolution" aux Nations unies sur une trêve en Goutha orientale, en Syrie, a déclaré Emmanuel Macron lors d'une conférence de presse à Bruxelles, vendredi soir. Avec la chancelière Angela Merkel, le président français tente d'obtenir du président russe Vladimir Poutine qu'il ne s'oppose pas à l'adoption d'une résolution, en opposant son veto lors du vote prévu vendredi soir, au Conseil de sécurité.

"C'est l'intérêt de tous de pouvoir obtenir une telle trêve", a continué Emmanuel Macron au sixième jour de bombardements du fief rebelle de la Goutha orientale par les avions du régime syrien. Le président a évoqué "un drame majeur".

S'exprimant elle aussi à l'issue d'un Conseil européen informel à Bruxelles, la chancelière allemande a également fait part de son espoir de voir la résolution adoptée.

Mettre "la pression" sur la Russie

Le projet de résolution amendé demande un cessez-le-feu de 30 jours dans toute la Syrie, destiné notamment à distribuer de l'aide humanitaire et permettre des évacuations médicales dans cette région. Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a critiqué le projet de résolution. "Personne ne peut répondre à la question de savoir si les combattants respecteront cette trêve." 

Jusqu'où la France est-elle prête à aller pour contourner un énième veto russe? Emmanuel Macron envisage aussi que la résolution ne soit pas adoptée ce vendredi soir: "Si celle-ci (la résolution, ndlr) n'était pas obtenue, nous poursuivrons l'effort. (...) Je ne pense pas que la Russie puisse poursuivre, en tant que membre permanent du Conseil de sécurité, et compte-tenu de son histoire, de manière digne, une stratégie qui nie le fait qu'aujourd'hui, dans la Goutha orientale, il y a presque 400.000 civils. Et donc nous devons le regarder en face. La France mettra toute la pression, dans un dialogue exigeant avec la Russie, pour que nous puissions obtenir des résultats au delà de ce travail diplomatique."

Des centaines de civils tués

Depuis dimanche, 462 civils, dont 103 enfants, ont péri selon une ONG dans les raids aériens et les tirs d'artillerie intensifs et incessants menés par l'armée du président Bachar al-Assad contre cette vaste région près de Damas, devenue un "enfer sur Terre" selon les termes du patron de l'ONU Antonio Guterres.

Faisant fi des appels internationaux, l'armée de Bachar al-Assad a de nouveau bombardé la Ghouta orientale assiégée, à coups de bombes, de barils d'explosifs et d'obus, faisant vendredi 32 morts dont six enfants, selon un nouveau bilan de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Cette campagne aérienne est d'une rare intensité, même pour un pays ravagé depuis 2011 par une guerre qui a fait plus de 340.000 morts. Elle prélude à une offensive terrestre de l'armée pour reprendre la Ghouta selon un média proche du pouvoir et l'OSDH.

Soumis à un siège asphyxiant depuis 2013 par les forces du régime, les quelque 400.000 habitants de la Ghouta subissent au quotidien pénuries de nourriture et de médicaments.

David Namias et AFP