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La "pensée complexe" d'Emmanuel Macron ne convient pas à l'interview 

Emmanuel Macron le 14 mai 2017 sur les Champs-Élysées.

Emmanuel Macron le 14 mai 2017 sur les Champs-Élysées. - Alain Jocard-AFP

Les équipes d'Emmanuel Macron assurent que le président de la République n'a aucun problème avec la presse alors que la traditionnelle interview télévisée du 14-Juillet n'aura pas lieu. Raison invoquée, la "pensée complexe" du chef de l'Etat se prête mal au jeu des questions réponses avec des journalistes.

Court-circuiter les journalistes, reléguer certains à l'écart du palais, trier ceux qui peuvent ou non accompagner le chef de l'Etat en déplacement, préférer le discours à l'interview: le mode de communication hyper-contrôlé du président "jupitérien" est pleinement assumé par Emmanuel Macron.

Depuis son élection, une seule interview sur le thème de l'Europe accordée, pour la France, au Figaro. A l'exact opposé de la "présidence normale" de François Hollande dont les liens étroits avec les journalistes (voir, Un président de devrait pas dire ça, éd. Stock) lui étaient revenus au visage comme un boomerang. 

Mais le nouveau locataire de l'Elysée veut encore bousculer les codes. Exit, la traditionnelle interview du 14-Juillet sur laquelle il fait tout simplement l'impasse. Le président parlera le 3 juillet devant le Congrès réuni à Versailles. Le tout à la veille du discours de politique générale de son Premier ministre Edouard Philippe.

Emmanuel Macron fuit-il les journalistes? 

"Il n’y a pas de refus d’obstacle avec la presse", assure l'entourage du président cité par Le Monde. S'il n'y a donc nulle appréhension, la rareté d'Emmanuel Macron en interview s'explique autrement. "A l'Elysée, on fait valoir que la 'pensée complexe' du président se prête mal au jeu des questions réponses avec des journalistes", poursuit Le Monde.

En réponse, des journalistes prennent ombrage du concept d'une pensée présidentielle si sophistiquée et en même temps si nuancée qu'elle ne saurait trouver à s'exprimer dans la presse. 

En mai dernier, le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner avait clairement expliqué que la "liberté d'échange avec les Français" pouvait être mise à mal par "la présence de 50 journalistes, d'une dizaine de caméras". 

David Namias