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Hollande, un remaniement qui vire au fiasco

Dans sa famille politique, comme dans l'opposition, mais aussi au sein de l'opinion, le dernier remaniement opéré par François Hollande ne passe pas en raison de calculs politiciens supposés trop grossiers.

François Hollande espère clore vendredi la séquence critiquée du remaniement, alors que débute déjà celle sur la réforme du Travailen répondant aux questions de France Inter. Son objectif premier: d'abord calmer sa majorité. Depuis le début de la semaine, plusieurs responsables parlementaires ont jugé sévèrement la nouvelle équipe gouvernementale qui "dégrade encore l'image du politique". 

Au Figaro, le mitterrandien Jean Glavany confie ainsi ses doutes "sur la méthode" choisie par François Hollande. "Il y a comme un parfum délétère de IVe République qui me laisse un sentiment de malaise profond. (...) Que certains qui ont été battu une fois, deux fois aux élections puissent entrer au gouvernement, ce n'est pas ma culture", a-t-il lâché dans une allusion à la nomination du radical Jean-Michel Baylet.

"Les militants PS ne comprennent pas ce qui vient de se passer", explique un ancien ministre à L'Opinion. "Personne n'attendait un rebond mais la moindre des choses était de lui donner un sens", explique un autre. Surtout, on reproche à gauche à François Hollande de ne pas se justifier. Son intervention aux 20h de TF1 et France 2, c'était "l'exercice solitaire du pouvoir. Comme s'il nous disait: je fais ce que je veux et je vous emmerde". Des élus dits "Hollandais" choisissent leurs mots pour qualifier ce dernier remaniement: "cynisme" et "perversité".

Pourtant, selon Libération, François Hollande estime que "ce qui compte, ce ne sont pas les personnalités qu’on recrute mais les électeurs" qu’ils représentent.

La défense version Valls: rien ne change

Le responsable du Front de gauche à l'Assemblée André Chassaigne a lui jugé que ce remaniement "répond à d'autres critères, semble-t-il, que l'intérêt général". "C'est faire croire que l'on a encore du pouvoir", a jugé Roselyne Bachelot sur BFMTV mais "c'est raté et injuste". Lors de la séance de questions au gouvernement, le chef de file des députés centristes Philippe Vigier a interpellé le Premier ministre sur sa nouvelle équipe, lui demandant notamment "à quoi aura servi le remaniement".

Manuel Valls lui a notamment répliqué: "La politique étrangère ou la politique de défense change-t-elle? Non. La politique de sécurité, c'est-à-dire faire face à la menace terroriste, change-t-elle? Non. La priorité à la lutte contre le chômage pour l'emploi (...) Allons nous changer? Non bien sûr. (...) Et à partir du moment où il y a un succès comme celui de la Cop21, je me réjouis que des écologistes viennent dans ce gouvernement parce que là est pleinement leur place", a ajouté le chef du gouvernement.

"C'est très simple: catastrophe"

Mais l'opinion non plus n'est pas convaincu. Le remaniement "semble avoir été perçu par une majorité de Français comme une stratégie politicienne en vue de l'élection présidentielle, élection pour laquelle, d'ailleurs, la candidature 'naturelle' de François Hollande fait désormais l'objet de quelques contestations", expliquait Ipsos dans un sondage critique quant à l'action du chef de l'Etat, le 15 février dernier après le remaniement.

"C'est très simple: catastrophe, on n'a pas d'autres mots pour expliquer la manière dont va être reçu ce remaniement", avait expliqué Gaël Sliman de l'institut Odoxa sur BFMTV. "On est vraiment dans le strike absolu en terme d'échec", qualifiant les choix du chef de l'Etat de "bricolage improbable". 

S.A.