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Présidentielle: la candidature de Hollande remise en question

Une affiche de campagne de François Hollande en 2012

Une affiche de campagne de François Hollande en 2012 - Gérard Julien - AFP

François Hollande ne laisse rien paraître de ses intentions, alors que se succèdent les sondages qui s'interrogent sur sa participation à la prochaine présidentielle. Pour certains de ses proches, l'affaire est loin d'être entendue et plus que la courbe du chômage, c'est le bien le risque d'élimination au premier tour qui inquiète le chef de l'Etat, toujours traumatisé par le 21 avril 2002.

Pour un sondage publié la semaine passée, elle n'est pas souhaitable mais, pour une nouvelle étude Elabe pour BFMTV jeudi, elle est probable selon 71% des Français. De quoi parle-t-on? De la candidature de François Hollande à la présidentielle de 2017, pardi. Le président de la République lui-même joue la montre, assurant que sa décision n'est pas prise. Mieux, c'est loin d'être sa préoccupation majeure "face aux défis auxquels fait face la France" et aux "réformes nécessaires et attendues". Et si finalement, François Hollande n'était pas candidat et laissait la primaire souhaitée à gauche se jouer, sans lui?

Le chef de l'Etat "est le plus crédible" mais un "inventaire sur la politique menée est normal", a jugé Jean-Christophe Cambadélis, le patron du PS, jeudi matin sur BFMTV et RMC. Mais François Hollande "voudra-t-il être candidat?", s'interroge un proche dans les colonnes du Figaro. Tout le monde évacue cette question mais c'est une erreur. Hollande n'a pas tranché. S'il sent qu'il n'est pas en situation d'être au deuxième tour - une hypothèse corroborée par certains sondages quand tous s'accordent à placer Marine Le Pen au second tour - il n'ira pas."

Ce point est crucial, comme l'a rappelé son ami Julien Dray sur BFMTV en janvier. Le président de la République, marqué au fer rouge par le 21 avril 2002, ne peut pas envisager d'être dans la position de Lionel Jospin, battu par Jacques Chirac et Jean-Marie Le Pen au premier tour de la présidentielle.

"Il n'est pas candidat, sauf miracle"

Mais dans le Journal du Dimanche daté du 14 février et sous couvert d'anonymat, des proches envisagent sérieusement l'hypothèse d'un retrait de François Hollande qui pourrait profiter à Manuel Valls, Emmanuel Macron ou Arnaud Montebourg, qui jugeait le président "cuit" pour 2017 au début du mois... "François ne fera jamais perdre son camp", confirme l'un quand un autre assure même qu'"il n’est pas candidat, sauf miracle". Pourtant, François Hollande "croit que sa bonne étoile peut le sauver encore une fois. Mais il ne fait rien pour que la situation s’améliore, il n’agit pas comme s’il était candidat", analyse-t-il.

Pour appuyer leur point de vue, les proches citent la maxime de François Hollande, et reprise dans tout les camps depuis: "Au premier tour on rassemble son camp, au second on l'élargit." Or, le chef de l'Etat, malgré le dernier remaniement, peine à rassembler autour de lui, à l'inverse de ce qu'il était parvenu à faire en 2012. Le PS est divisé, les écologistes en lambeaux et l'extrême gauche a déjà son candidat auto-déclaré en la personne de Jean-Luc Mélenchon.

Car François Hollande observe aussi les concurrents à venir. Outre son camp, "le révélateur, c’est la droite. Si Sarkozy met les pouces et Juppé devient le candidat, alors il pliera les gaules", assure un cadre du PS au JDD. En clair, ce n'est pas le bilan de son quinquennat, ni même la courbe du chômage, qui guidera le choix de François Hollande, que d'autres disent déjà en campagne. Plutôt une analyse des risques et de l'opposition. Et comme souvent, de la synthèse découlera sa position.