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Candidat ou pas candidat: le faux suspense des politiques

L'annonce de la candidature de Jean-François Copé à la primaire de la droite et du centre n'a surpris personne, même s'il avait tout fait pour entretenir le suspense. Ce petit jeu semble amuser aussi bien à droite qu'à gauche.

"Promis, j'arrête la langue de bois", assurait Jean-François Copé en 2006. Il en avait même fait le titre d'un livre. Le maire Les Républicains (LR) de Meaux a écrit sur Twitter dimanche matin: "Mon intégrité rétablie, ma parole plus libre que jamais!". Sa façon d'annoncer qu'il serait au 20 heures de France 2 le soir où il a annoncé sa candidature à la primaire de la droite.

Il a expliqué à Laurent Delahousse: "Je crois que je suis prêt. Je trouverais très hypocrite de retarder inutilement alors même qu'est arrivée lundi dernier la décision des juges sur cette triste affaire Bygmalion, dans laquelle je n'ai cessé de dire mon innocence".

Un besoin de sincérité qu'il a encore développé sur BFMTV lundi matin en citant du Molière: "Je veux qu'on soit sincère, et qu'en homme d'honneur. On ne lâche aucun mot qui ne parte du cœur".

Et d'ajouter: "Les Français voient dans le regard d'un homme sa sincérité, son authenticité".

Une sincérité dont il est permis de douter quand on réécoute Jean-François Copé le 20 janvier dernier, pour son premier déplacement après une cure de 18 mois de silence. Aux journalistes qui lui demandaient si son livre était un premier pas vers la primaire, il répondait les yeux dans les yeux:

"Non (...). C'est une décision d'une très grande importance pour ne pas dire gravité. On ne peut pas y répondre comme ça à la légère. Et en plus personne ne comprendrait que je puisse prendre maintenant une décision comme celle-là, ça n'aurait aucun sens".

Sarkozy "le président de la famille"

Mais Jean-François Copé n'est pas le seul à faire de sa candidature un secret de Polichinelle. Le 8 février dernier, il expliquait sur Europe 1 qu'il ferait connaître sa décision "d’ici quelques semaines". Bruno Le Maire fait encore plus fort en donnant une date. Le député de l'Eure le reconnaît lui-même: "Il n'y a pas un suspense fou autour de ma candidature". Mais il faudra attendre le 23 février pour mettre fin à cette attente insoutenable.

Dans le même camp, enfin le même parti, Nicolas Sarkozy aussi entretient un faux suspense.

"Il n'est pas question que je prenne la décision maintenant parce que je suis le président de la famille", a déclaré le patron de Les Républicains sur TF1 dimanche soir.

"Sarkozy n'est pas contre la compétition, simplement il ne veut pas y entrer tout de suite", développait quelques minutes plus tard le sénateur LR de Paris, Pierre Charon sur BFMTV.

Hollande "pas candidat, sauf miracle"

La gauche aussi manie à outrance ce type de suspense. Le ministre Jean-Yves Le Drian a fait mine d'hésiter jusqu'au dernier moment avant de se présenter aux régionales en Bretagne.

François Hollande lui-même entretient aussi le doute pour 2017. "Je prendrai ma décision le moment venu. Ce moment n’est pas venu", expliquait-il jeudi. "Il n’est pas candidat, sauf miracle. Il croit que sa bonne étoile peut le sauver encore une fois. Mais il ne fait rien pour que la situation s’améliore, il n’agit pas comme s’il était candidat", décryptait un "ami de trente ans" dans le JDD dimanche. 

Mélenchon "propose" sa candidature

Plus à gauche, Jean-Luc Mélenchon se refuse à ce genre de pratique. "Il faudrait que comme les autres je prenne un air distrait et peut-être même effarouché lorsqu'on me parle de 2017. Je devrais, la mine grave, dire ‘j'attends que mes amis m'en supplient ou bien que l'inspiration me vienne'", ironisait-il en juillet 2015. C'est pourquoi sans doute il n'a pas annoncé la semaine dernière sa candidature mais l'a "proposée" dans une formule alambiquée:

"Moi, je propose ma candidature. C’est le peuple qui va en disposer. Je ne demande la permission à personne. Je le fais hors cadre de partis, je suis ouvert à tout le monde, les organisations, les réseaux, mais les citoyens d’abord".