BFMTV

Copé: "Les Français voient dans le regard d'un homme sa sincérité"

Jean-François Copé, député-maire Les Républicains de Meaux et candidat à la primaire de la droite et du centre en novembre prochain, était lundi matin l'invité de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV et RMC.

Invité lundi matin sur BFMTV et RMC, Jean-François Copé revient après 18 mois de silence médiatique. Candidat à la primaire à droite, il pense incarner "un sursaut", en écho au titre de son livre, Le sursaut français (Stock). Entendu lundi dernier par le juge en charge de l'affaire Bygmalion, le député-maire Les Républicains (LR) de Meaux n'a pas été mis en examen. Il regrette une "sorte de vindicte" qui lui est "tombée sur la tête": "On a considéré que je pouvais être le coupable idéal, et que j'avais beau expliquer partout mon innocence, personne n'avait envie de l'entendre. Donc, je me suis tu". Un silence qu'il dit avoir utilisé pour se "reconstruire". "Je ne suis pas poursuivi", rappelle-t-il.

Jean-François Copé était-il au courant du système Bygmalion à l'UMP, pendant la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy? "Si j'en avais été informé, je l'aurais fait arrêter immédiatement. Bien sûr que je ne savais rien", insiste le maire de Meaux. "Il y a une séparation très stricte des choses dans notre parti politique entre le secrétaire général qui assume l'action politique, et la gestion du parti. Si j'avais eu la moindre alerte, naturellement je m'y serai opposé".

Nicolas Sarkozy, lui, affirme que Jean-François Copé savait pour ses comptes de campagne. "Il y a une enquête en cours, c'est au juge de dire la vérité", répond l'intéressé. "Ce que j'ai raconté dans mon livre, c'est l'aspect psychologique des choses". Le député LR dénonce un "phénomène de meute" dirigé contre lui il y a 18 mois. Mais "vous ne me retrouverez plus sur les petites phrases", prévient-il. "J'ai vu beaucoup de violence, et j'ai pensé que la politique ça ne pouvait pas être ça".

"Cette fois la main ne tremble pas"

"Le degré (de violence) qui a été atteint n'était plus compatible avec mon engagement en politique. J'ai pensé que je n'avais plus de raison d'être dans un match qui ne concernait plus celui qui concernait mon engagement pour la France". Jean-François Copé affirme avoir été le "bouc émissaire".

Concernant la primaire à droite, à laquelle il vient lui-même de se porter candidat, "c'est une nouvelle génération qui doit émerger", plaide-t-il. "Ce qu'on nous reproche, c'est de ne pas avoir de résultats, de caler dès qu'il y a une manifestation ou une grève. (...) La clé de voûte, si on veut véritablement changer les choses, c'est de décider tout de suite". Jean-François Copé plaide pour l'usage d'ordonnances "dès le début du quinquennat". "Si je suis candidat à la primaire, c'est parce que je veux convaincre les Français, leur dire que cette fois, la main ne tremble pas", affirme-t-il. "Les Français voient dans le regard d'un homme sa sincérité, son authenticité".

Le maire de Meaux plaide pour la fin de l'emploi à vie pour les nouveaux entrants dans la fonction publique. "Beaucoup de jeunes et de gens veulent entrer au service de l'Etat. Ils ne peuvent pas le faire, parce que ça veut dire être fonctionnaire pendant 40 ans plus ensuite, la retraite. Il n'y a plus un employeur qui puisse garantir cela, le temps a complètement changé. Dans le même temps, notre pays est sous-sécurisé", accuse Jean-François Copé. "Je propose l'embauche de 50.000 policiers, gendarmes, magistrats. Pour cela, on est obligé de le faire par contrat, ce qui changerait beaucoup de choses. On est entré dans le 21e siècle".