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Julien Dray (PS): "Oui à une primaire pour éviter l'élimination de la gauche au 1er tour" en 2017

Le conseiller régional d'Ile-de-France, proche de François Hollande, est l'invité dimanche de BFM Politique. Julien Dray est notamment revenu sur la question de la primaire à gauche avant la prochaine présidentielle mais aussi sur les sondages qui font de Manuel Valls et d'Emmanuel Macron les favoris en vue de 2017.

"Oui à une primaire de toute la gauche" si ce scrutin débouche "sur un candidat unique" au premier tour de la présidentielle de 2017, a estimé Julien Dray sur BFMTV dimanche. Car, selon l'élu socialiste, proche de François Hollande, "il y a un risque d'élimination de gauche. (...) Si on peut éviter cela grâce à une primaire...". Julien Dray envisage ainsi la présence du Front national de Marine Le Pen au second tour du scrutin quinquennal où, selon lui, "la question du chômage sera centrale". 

"Si la primaire est un vrai débat qui sert à choisir le meilleur candidat, derrière lequel chacun se rassemblerait, alors elle est utile, précise Julien Dray. Et se rassembler, ça peut passer par une primaire".

"François Hollande est un bon président"

Quant au président de la République actuel, "je souhaite qu'il soit candidat" dans un an, a expliqué Julien Dray, éludant la position réelle de François Hollande qui "n'est pas obsédé" par la question. Avec François Hollande, "on a vécu ensemble le 21 avril 2002 (La présence de Jean-Marie Le Pen au second tour contre Jacques Chirac, ndlr), il n'a pas envie de revivre ça, de faire revivre ça à la gauche, a expliqué Julien Dray.

En clair, François Hollande est "prêt" car "la primaire va lui permettre de s'expliquer (...) sur la manière dont il a géré le pays pendant les quatre ans et demi-cinq ans, les choses qui ont bien ou mal marché (...) je n'ai aucun doute sur sa capacité à mener le débat", a enchaîné l'élu socialiste.

Mais, "il est chef de l'Etat, confronté à une situation internationale terrible. Sa préoccupation première est de protéger les Français". Pour l'ancien député, fondateur de SOS racisme, "François Hollande est un bon président" pour la France. 

"Si la primaire sert à régler des comptes, elle n'a aucun intérêt"

Après l'appel à une primaire lancé par des membres de la société civile proche de la gauche et relayé par le journal Libération, Jean-Luc Mélenchon a d'ores et déjà annoncé qu'il n'y participerait pas à l'inverse de Cécile Duflot.

"La porte est ouverte pour lui car il y a une menace de fracasser la gauche. Je crois surtout que Jean-Luc Mélenchon a une envie extraordinaire d'être présent au premier tour de la présidentielle", a estimé Julien Dray. "Si la primaire sert à régler des comptes, à être un tribunal, elle n'a aucun intérêt", a-t-il insisté.

Valls et Macron plébiscités par les sondages

Samedi dans l'émission On n'est pas couché, Manuel Valls, qu'un sondage de BFMTV place comme favori des sympathisants de gauche, a estimé que "le candidat naturel, c'est le président de la République sortant". François Hollande "n'a pas à se soumettre" à ce type de scrutin qui "en plus ne concernera pas toute la gauche".

Dans un sondage publié par Le Parisien dimanche, c'est Emmanuel macron qui arrive en tête des personnalités attendues à gauche pour la présidentielle de 2017. "Emmanuel Macron est un homme de gauche, sincèrement de gauche (...) mais d'une gauche moderne, réformiste", a-t-il dit mais s'appuyant sur l'exemple d'Alain Juppé à droite, Julien Dray a ironisé sur le concept "d'homme providentiel" auquel "il ne croit pas".

Des propos que ne devrait pas renier Nicolas Sarkozy puisque selon Le Parisien, l'ancien chef de l'Etat confie à ses proches que si "les Français ont adoré Simone Veil, Jacques Delors, Edouard Balladur et Bernard Kouchner. Mais ils ont voté pour Mitterrand, Chirac et (lui)!"