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Hollande, des voeux très préparés pour une année 2015 cruciale

François Hollande se prépare à prononcer pour la troisième fois ses voeux de fin d'année aux Français.

François Hollande se prépare à prononcer pour la troisième fois ses voeux de fin d'année aux Français. - Lionel Bonaventure - Pool - AFP

Pour la troisième fois depuis son accession à l'Elysée, François Hollande va exprimer ses voeux aux Français pour l'année 2015, ce mercredi soir, depuis son bureau. Un exercice pas si anodin pour le président de la République, avant d'entamer une année à haut risque pour lui. Explications.

C'est jour de voeux pour le président de la République. François Hollande va, pour la troisième fois depuis le début de son quinquennat, s'adresser aux Français ce mercredi soir afin de leur souhaiter le meilleur pour 2015. Une allocution présidentielle qui se fera dans un état d'esprit "combatif", avant le début d'une année électorale à risque où il espère le début du sursaut économique attendu en vain en 2014.

Le chef de l'Etat a prévu d'enregistrer dans son bureau, en fin d'après-midi, son allocution d'une petite dizaine de minutes qui sera diffusée à 20 heures sur plusieurs chaînes, dont BFMTV.

Un regard "rétrospectif"

A l'entame de la seconde moitié de son quinquennat, François Hollande devrait, selon son entourage, jeter "un regard rétrospectif" sur l'année écoulée mais surtout se propulser dans celle à venir sur le thème: "dans un monde qui change, la France avance et a engagé les réformes nécessaires". 

"Combatif et déterminé", selon ses proches, le chef de l'Etat est persuadé que "l'année 2015 sera différente" de la précédente. Calamiteuse sur le plan des résultats électoraux (défaites aux municipales et européennes) mais aussi économiques (chômage record à près de 3,5 millions, dérapage des déficits, croissance atone), 2014 a également consacré François Hollande comme le président le plus impopulaire de la Ve République, en dépit d'un léger rebond dans les sondages ces dernières semaines.

Après avoir montré sa capacité à "encaisser" dans l'adversité, le chef de l'Etat veut désormais être "dans la conquête, la dynamique et le mouvement", comme il l'a confié la veille de Noël, à Saint-Pierre-et-Miquelon.

La compétition pour 2017 déjà lancée

D'autant qu'avec le retour de son prédécesseur et ex-rival Nicolas Sarkozy à la tête de l'UMP, la compétition pour 2017 est désormais ouverte, avec auparavant dès 2015, deux scrutins à haut risque - départementales en mars, régionales en décembre - qu'il devra affronter à la tête d'une majorité fragilisée et divisée.

Sans compter, un congrès du Parti socialiste en juin pour lequel les couteaux sont déjà tirés entre partisans et adversaires de la ligne sociale-libérale assumée de Manuel Valls. Mais selon l'Elysée, cela n'influencera pas le quinquennat ni la confiance du président en son deuxième Premier ministre, sauf en cas de problème majeur avec la majorité parlementaire. 

Dans le domaine économique, fait-on valoir, "beaucoup de choses ont déjà été entreprises depuis deux ans. Les résultats ne sont pas encore là mais on entre dans une période où de grandes mesures vont entrer pleinement en vigueur".

De grandes mesures économiques dès ce 1er janvier

Dès le 1er janvier, ce sera le cas pour le Pacte de responsabilité et de solidarité, pilier de la politique de relance de l'exécutif, que François Hollande avait annoncé il y a un an pile, lors de ses voeux du 31 décembre 2013.

La loi Macron censée doper la croissance et l'activité entamera quant à elle son parcours parlementaire le 26 janvier.

Arrivé au pouvoir il y a deux ans en pleine crise, François Hollande, bénéficiera en tout cas en ce début 2015 d'une conjoncture beaucoup plus favorable : chute du prix du pétrole, baisse de l'euro, taux d'intérêt historiquement bas, envolée de la croissance aux Etats-Unis.

Un mot pour "garantir l'unité du pays"

Une bouffée d'oxygène bienvenue alors que la France doit passer un nouvel examen en mars devant la commission européenne qui dira si les réformes engagées sont suffisantes pour répondre aux normes budgétaires européennes.

Outre les adresses traditionnelles aux Français expatriés et aux soldats engagés sur les théâtres d'opérations extérieures, François Hollande devrait insister sur la nécessité de "garantir l'unité du pays, de renforcer la sécurité et de lutter contre les risques de désagrégation et de repli sur soi". Le message devrait être d'autant plus appuyé après la récente série d'agressions à Nantes, Dijon et Joué-les-Tours, qui a semé l'inquiétude et permis à l'extrême droite d'agiter le spectre du "terrorisme islamiste".

Pas de grosse annonce prévue?

Le président de la République devrait ainsi appeler au rassemblement autour des valeurs de la République face au regain de thèses anti-immigration et à la banalisation du vote Front national.

A défaut d'annonce type Pacte de responsabilité comme l'an dernier, il mettra en perspective les réformes à venir concernant la "vie des Français" : santé, fin de vie, éducation et numérique, transition énergétique.

Jé. M. avec AFP