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GM&S: Emmanuel Macron face à la colère des salariés

Le président a été quelque peu chahuté lors de son déplacement en Haute-Vienne. Les salariés, toujours sans repreneur, craignent la fin de l'activité du site.

C’est la première fois en tant que président qu’Emmanuel Macron fait face à la colère sociale. En déplacement a Bellac (Haute-Vienne), le chef de l’État a été quelque peu chahuté par les salariés. Une séquence qui n’est pas sans rappeler sa rencontre avec les salariés de Whirlpool pendant la campagne d’entre deux tours.

Sifflé, hué mais également assailli de questions, le président de la République a essayé de répondre à quelque uns de ses interlocuteurs en allant directement à leur rencontre. "On fait le maximum", a-t-il expliqué à ses interlocutrices. Le chef de l'État a toutefois affirmé qu’il n’était "pas le Père Noël".

Réunion avec les représentants des salariés

"Je vous promets qu'on fera le maximum", a ajouté Emmanuel Macron. "C'est une région qui va mourir M.Macron!", l'a encore interrompu un homme, évoquant les donneurs d'ordres de GM&S, Renault et Peugeot qui "gagnent des milliards". "Ça n'est pas que ça la solution", a alors observé le président qui a également promis de suivre ce dossier au-delà des élections législatives. "Je suis élu pour cinq ans", a-t-il ainsi fait remarquer. Mais "je compte sur vous aussi pour que, sur la base des solutions négociées, on y arrive", a-t-il enchaîné.

Le président de la République a également expliqué ne pas vouloir se réfugier derrière son entourage et sa protection: "J'aurais pu vous laisser derrière des grillages, je ne l'ai pas fait" et "j'ai toujours procédé ainsi [...] je ne me suis jamais caché", a-t-il dit alors qu'il s'est enfermé peu avant 20 heures avec les représentants des salariés à la sous-préfecture. 

Une cellule de crise

Neuf questions ont été communiquées par les syndicats alors que l’entreprise et ses 277 salariés vivent leur troisième redressement judiciaire depuis décembre. Après un entretien avec Emmanuel Macron, Vincent Labrousse, délégué CGT, a pris la parole devant les salariés:

"On a été reçu pendant plus d’une heure par le président de la République. L’engagement qui a été pris par le président de la République c’est la mise en place, dans un temps très court, d’une cellule de crise. La cellule de crise a déjà commencé à travailler. Les représentants du personnel seront associés à cette cellule de crise. Cette cellule de crise va travailler à la mise en œuvre d’une reprise. Pour l’instant, ce qui paraît le plus atteignable c’est que la reprise soit faite par le groupe GMD. Néanmoins, le président de la République a pris l’engagement de contacter aussi d’autres acteurs du secteur puisqu’il va aussi contacter PSA et Renault pour augmenter le chiffre d’affaires."

Il a poursuivi: "Le président de la République a aussi exprimé un souci de sérieux au sujet de la reprise. Il a insisté sur une nécessité de diversification donc de maintien des savoir-faire pour la reprise."

Piégé puis occupé pendant deux semaines par les salariés, le site d’emboutissage, soudure et assemblage a vu le travail reprendre au ralenti fin mai. En cause, le manque de commandes par les clients PSA et Renault qui n'a pas facilité pas les négociations de reprise du site par un repreneur. La date limite de dépôts des candidatures était fixée au 7 juin. 

Le chef de l’État est tout de même apparu détendu. Après avoir quitté la foule, il s'est essayé à un nouveau Dab à la demande du public. 

P.L