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François Hollande a "déçu" Fillon, mais pas Bayrou

François Hollande laisse les politiques partagés.

François Hollande laisse les politiques partagés. - -

Au lendemain de la deuxième conférence de presse du quinquennat de François Hollande, les réactions sont partagées dans la presse comme chez les politiques.

Alors que la prestation du président de la République fait les gros titre au lendemain de sa deuxième conférence de presse, BFMTV.com fait le point sur les premières réactions de la classe politique.

François Bayrou d'abord. Le centriste a jugé vendredi que l'intervention de François Hollande la veille a été "de bon niveau" et salué une "annonce décisive" sur l'Union européenne, même si le chef de l'Etat a écarté l'idée de gouvernement d'unité nationale, idée chère au président du MoDem. L'ex-candidat à l'Elysée a salué sur France 2 "une annonce, une vision très importante", à savoir que le gouvernement français va proposer "un gouvernement pour l'économie de la zone euro". Un bémol pour l’ancien député béarnais, "les très grandes réformes de piliers de la société française aujourd'hui lézardés n'ont pas été abordées: rien ou presque sur l'éducation" ou sur "le marché du travail". "Ce qui doit être clair dans l'esprit de tous, c'est que les problèmes de notre pays ne viennent pas de l'extérieur", Bruxelles ou l'Allemagne, "c'est chez nous que sont les faiblesses", a ajouté le dirigeant centriste.

Fillon attendait "un changement"

Sur France Inter, l'ancien Premier ministre François Fillon s'est quant à lui dit "déçu": "J'attendais un changement de cap face à des chiffres économiques accablants et on a eu essentiellement une posture". Le président "n'a été offensif que dans le ton, la forme", selon le député de Paris, qui a parlé un peu plus tard d'un "assez bel exercice sur le plan de la forme".

"Nous sommes le pays qui travaille le moins, investit le moins et dépense le plus", a résumé François Fillon, déplorant, dans les propositions présidentielles, "l'absence de mesures énergiques". "Oui, nous n'en avons pas fait assez", a estimé le dirigeant de l’opposition, mais "ce n'est pas une raison pour mener une politique qui aggrave les difficultés".

Même déception pour l'ancien ministre UMP Bruno Le Maire, qui a assuré sur France Info que la parole du président François Hollande "sonne faux", tout en estimant que son camp doit beaucoup travailler pour "redevenir un espoir"


Le Maire appelle l'opposition à "l'humilité" par FranceInfo

Moscovici "à l'aise"

Le ministre de l'Economie Pierre Moscovici, dont l'autorité à Bercy a été contestée dans son propre camp, a pour sa part affirmé sur RTL qu'il se reconnaissait "à 100%" dans la ligne économique fixée la veille par François Hollande, et se sentait "à l'aise avec ce qu'il a dit". 

François Hollande a jugé jeudi lors d'une conférence de presse qu'il ne devait y avoir "qu'une seule ligne au sein du gouvernement", en réponse à une question sur les dissensions entre le ministre de l'Economie et son homologue du Redressement productif, Arnaud Montebourg.

Interrogé sur les déclarations du ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, qui a déclaré mardi que Bercy manquait d'un "patron", Pierre Moscovici a assuré s'en être "expliqué avec lui". "Je pense qu'il n'y avait aucune intention maligne", a-t-il déclaré. "Je l'ai cru".


Pierre Moscovici : "Les ministres ne sont pas... par rtl-fr

La présidente PS de Poitou-Charentes et ex-compagne de François Hollande, Ségolène Royal, a trouvé le chef de l'Etat "offensif et déterminé", sur Europe 1.

Pour Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement, "les Français ont eu une réponse à leurs interrogations majeures".


Royal : "François Hollande veut passer à l... par Europe1fr


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A.D. avec AFP