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Européennes: Macron défend son rôle d'"acteur" pour ne pas laisser "se disloquer l'Europe" 

Emmanuel Macron a accordé une interview à la presse régionale à quelques jours des élections européennes. Dans cet entretien publié mardi, le président s'en prend ostensiblement aux "populistes européens" et à la liste Rassemblement national.

À moins d'une semaine des européennes, le président de la République continue de s'impliquer dans la campagne électorale. Alors que la pression s'accentue et que l'écart entre les listes LaREM et RN s'amenuise dans les sondages, Emmanuel Macron a accordé une interview publiée ce mardi dans plusieurs titres de presse régionale.

Dans cet entretien, le chef de l'État justifie son engagement dans la campagne, qui est critiqué par ses détracteurs. Il défend fermement l'Union européenne, qui n'est pas "l'ennemi des territoires" mais fait "au contraire partie de nos vies". Puis il explique vouloir "être acteur", et ne pas pouvoir "être un spectateur" de l'élection européenne qu'il considère être "la plus importante depuis 1979", face "à un risque existentiel".

"J'aurai une responsabilité devant l'Histoire"

"Si, en tant que chef de l'Etat, je laisse se disloquer l'Europe qui a construit la paix, qui a apporté de la prospérité, j'aurai une responsabilité devant l'Histoire", explique Emmanuel Macron à la presse, qui profite de cette interview pour réitéré "toute sa confiance en Édouard Philippe qui s'engage sans compter auprès des pro-européens".
"Le président français n'est pas un chef de parti mais il est normal qu'il s'implique dans des choix fondamentaux".

Le chef de l'État met aussi en garde face à la montée annoncée de l'extrême-droite européenne. Il dit voir "pour la première fois une connivence entre les nationalistes et des intérêts étrangers" pour démanteler l'Europe, visant le "lobbyiste" Steve Bannon "proche du pouvoir américain", et les Russes qui "n'ont jamais été à ce point intrusifs".

"La tenue d'une Convention fondatrice européenne"

"On ne peut être que troublé. Il ne faut pas être naïf", alerte Macron. "Mais je ne confonds pas les Etats et certains individus, même si les groupes d'influence américains ou les oligarques russes affichent des proximités avec les gouvernements".

Dans cette interview à la presse écrite, Emmanuel Macron réclame également la tenue d'une Convention fondatrice européenne" après les élections du 26 mai prochain, de manière à "définir la stratégie de l'Europe pour les cinq années à venir". 

Interrogé sur les questions écologiques, il déclare aussi vouloir avancer "sur la taxation commune du kérosène en Europe", tout en plaidant pour "une vraie négociation internationale" sur ce sujet.

Peu avant la publication de l'interview, le journal La Voix du Nord a fait savoir qu'il avait refusé cet entretien présidentiel, celui-ci ayant été soumis "à la relecture de l'Élysée".

Jeanne Bulant