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Polémique autour de la venue de Steve Bannon à Paris: "On se trompe de combat", assure la droite

Steve Bannon invité de BFMTV et RMC lundi 20 mai 2019

Steve Bannon invité de BFMTV et RMC lundi 20 mai 2019 - BFMTV

Alors que La République en marche (LaREM) fustige les tentatives d'ingérence de l'ancien conseiller de Donald Trump dans la campagne des européennes, Les Républicains sont plus nuancés sur le poids que Steve Bannon peut jouer.

"C'est une atteinte à la souveraineté de l'élection... à vomir." A quelques jours des élections européennes, la venue à Paris de Steve Bannon a suscité de vives réactions au sein de La République en marche. Stéphane Séjourné, le directeur de campagne du parti de la majorité, dénonce ainsi les tentatives d'ingérence de l'ancien conseiller de Donald Trump qui affiche un soutien sans faille au Rassemblement national.

"S'il voulait apporter une aide à Marine Le Pen ce matin, je pense que c'est raté", estime Gilles Legendre, après l'interview de Steve Bannon sur BFMTV ce lundi matin. "Il nous a présentés les oripeaux les plus éculés de l'extrême droite, un potage idéologique absolument indigeste et incompréhensible", juge le président du groupe LaREM à l'Assemblée nationale qui qualifie également son soutien au parti de Marine Le Pen "d'atteinte à la souveraineté".

"Quelle est la légitimité de Monsieur Bannon de venir s'inviter dans le débat électoral français?", s'interroge Gilles Legendre qui présente l'ancien conseiller de Trump comme "le porte-drapeau d'une alliance politique de l'extrême droite européenne qui représente un vrai danger politique".

A droite, on tente de minimiser l'importance du rôle joué par Steve Bannon et ses conséquences sur le scrutin. "C'est son droit de venir en France, qu'il ait des contacts avec le Rassemblement national, c'est aussi son droit", souligne Roger Karoutchi, sénateur LR des Hauts-de-Seine. "Ce qui serait de l'ingérence, c'est si Steve Bannon avait financé des campagnes, c'est s'il avait la capacité d'imposer des candidats ou une ligne politique", analyse-t-il. "Mais je pense que là, on se trompe de combat. Donner à Monsieur Bannon un pouvoir qu'il n'a pas, cela n'a pas de sens", estime l'élu.

"Je ne pense pas que ce soit un conseiller occulte ou un gourou mais il est manifestement plus qu'un observateur", analyse quant à elle Constance Le Grip, députée LR des Hauts-de-Seine qui estime que si Steve Bannon "passe autant de temps en Europe en ce moment, c'est bien qu'il s'est placé au coeur d'une toile européenne, celle que tente de tisser de nombreux mouvements d'extrême droite".

"Aucun rôle dans la campagne"

Invitée ce lundi matin sur Franceinfo, Marine Le Pen a assuré n'avoir pas été mise au courant de la venue de Steve Bannon à Paris. "Ce n'est pas nous qui l'invitons dans la campagne, c'est vous les médias qui l'invitez", a lancé la présidente du Rassemblement national avant d'expliquer s'être rapprochée de l'ancien conseiller de Donald Trump pour des conseils financiers.

"Il a été très clair dans son interview en disant qu'il n'était là qu'en simple observateur. Quel est son rôle dans notre campagne électorale? Aucun", a martelé Thierry Mariani, n°3 sur la liste du RN aux européennes, sur notre antenne.

Face à Jean-Jacques Bourdin, Steve Bannon a confirmé son rôle d'observateur de la campagne des européennes et a indiqué que le Rassemblement national, et dans une plus large mesure les partis nationalistes européens, n'avaient "pas besoin de son aide", pour s'imposer lors du scrutin du 26 mai.

Mélanie Rostagnat