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Européennes: pourquoi La Voix du Nord a décidé de refuser une interview d'Emmanuel Macron

Le journal "Paris Normandie" entre les mains d'un lecteur, le 14 janvier 2019. (Photo d'illustration)

Le journal "Paris Normandie" entre les mains d'un lecteur, le 14 janvier 2019. (Photo d'illustration) - CHARLY TRIBALLEAU / AFP

Emmanuel Macron a accordé une interview à plusieurs titres de presse régionale, ce lundi. Cet entretien devrait être publié dans la soirée mais le journal la Voix du Nord a décidé de se désolidariser et de ne pas publier d'interview, celle-ci ayant été "soumise à la relecture de l'Élysée".

Le rédacteur en chef du journal La Voix du Nord a fait savoir ce lundi qu'il boycotterait l'interview du président de la République, alors que plusieurs quotidiens de presse régionale s'apprêtent à publier un entretien d'Emmanuel Macron dans la soirée, à six jours des européennes.

"La Voix du Nord ne participe pas à l'interview d'E. Macron par la PQR (Presse quotidienne régionale). À 5 jours du scrutin, cela perturberait l'équilibre de traitement de la campagne auquel nous essayons de veiller et la publication est soumise à la relecture de l'Élysée. Donc, c'est sans nous", justifie Patrick Jankielewicz, rédacteur en chef du quotidien dans une publication Facebook

"Pas une exigence mais une préférence"

"Le journal invoque un principe d’équité, nous le comprenons", a fait savoir l'entourage d'Emmanuel Macron au Monde, précisant qu'il "respectait le choix éditorial" de La Voix du Nord.

"Ce n’était pas une exigence mais une préférence", défend notamment un proche du président. "Les huit autres groupes de presse quotidienne régionale ont accepté le principe d’une relecture, mais si on nous avait dit non, l’interview aurait quand même eu lieu".

Depuis plusieurs mois, les listes LaREM et RN sont au coude-à-coude dans les sondages, avec désormais un léger avantage au Rassemblement national, loin devant Les Républicains et les partis de gauche, plus divisés que jamais. 

Dans le camp présidentiel, l'alerte rouge est décrétée. Une victoire dimanche du parti de Marine Le Pen, comme en 2014, serait vécue comme un échec personnel pour Emmanuel Macron, qui n'a cessé de dramatiser l'affrontement entre "progressistes" et "nationalistes". Ces derniers jours, Emmanuel Macron ne cache d'ailleurs son implication dans la campagne électorale.

Jeanne Bulant