BFMTV

CHRONOLOGIE - Hollande: retour sur une année noire

François Hollande est au pouvoir depuis un an. Une année compliquée par des erreurs, des couacs et autres évènements imprévus.

François Hollande est au pouvoir depuis un an. Une année compliquée par des erreurs, des couacs et autres évènements imprévus. - -

L’affaire Trierweiler, Florange, Cahuzac… Les rebondissements n’auront pas manqué pendant la première année de François Hollande au pouvoir. Retour sur un an de mandat mouvementé.

La première année de François Hollande au pouvoir n’aura pas été de tout repos. Car au-delà des difficultés économiques, le président a dû faire face à des évènements, imprévus et autres couacs qui l'ont mis en difficulté durant ses premiers mois à l'Elysée. Passage en revue de ces cailloux devenus gênants dans la chaussure du président.

> Le 9 juin: le tweet assassin de Valérie Trierweiler

Cela fait à peine un mois que François Hollande a remporté l’élection présidentielle. Il reste une élection à remporter pour que cette victoire soit complète aux yeux du nouveau chef de l’Etat: les législatives. A La Rochelle, Ségolène Royal a décidé de s’y présenter pour le PS, avec en ligne de mire un potentiel poste de présidente de l’Assemblée. Mais sur place, le socialiste rochelais Olivier Falorni décide de ne pas se laisser faire, et présente une candidature dissidente.

C’est lorsque Valérie Trierweiler s’en mêle que les choses tournent au vinaigre: la compagne du président envoie un tweet de soutien à Olivier Falorni, "qui n’a pas démérité" écrit-elle. Aussitôt, la question de la séparation de la vie privée et professionnelle de François Hollande revient sur le devant de la scène. Le président est accusé de faiblesse, entre son ex-compagne et la nouvelle. Celle-ci qualifiera plus tard "d’erreur" son tweet. Un faux départ qui se voit.

> Octobre - décembre: le feuilleton Florange (se termine mal)

Candidat, François Hollande y était venu témoigner son soutien aux syndicalistes en lutte contre la fermeture de leur usine, voulue par Arcelor Mittal. Quand Jean-Pierre Jouyet, le patron de la BPI, parle de "canard boiteux" en évoquant Florange, les syndicats bondissent et François Hollande est obligé de rectifier. "Florange n’est pas un canard boiteux, mais n’est pas éligible à la BPI", expliquera-t-il plus tard. L’honneur est sauf, mais le dossier n’est pas clos.

Le 1er décembre, après des semaines de bras de fer entre le groupe sidérurgique ArcelorMittal et Arnaud Montebourg, qui menace d’une nationalisation, Jean-Marc Ayrault tranche et écarte cette hypothèse. Le gouvernement est accusé d’avoir menti. Le désaveu est cinglant pour le ministre du Redressement productif, qui menace de démissionner. François Hollande doit intervenir pour le retenir.

> Le 20 novembre: le mariage homo, les maires et leur "liberté de conscience"

Alors que la loi ouvrant le mariage aux homosexuels est discutée à l’Assemblée nationale, les manifestations de protestation font rage. Le 20 novembre, François Hollande reconnaît devant les maires de France la possibilité pour les élus hostiles d’invoquer leur "liberté de conscience" et de déléguer la tâche à un adjoint. Incompréhension chez les défenseurs du projet, qui voient un vrai recul dans cette déclaration. François Hollande finira par assurer que la loi "va s’appliquer partout, dans toutes les communes".

Mais malgré son adoption par l’Assemblée nationale et le Sénat, les opposants à la loi n’en démordent pas et poursuivent leurs manifestations. Les défilés se radicalisent, des incidents sont signalés. L’ambiance se tend, au point que le président doit appeler au calme.

> Le 30 décembre: la taxe à 75% est censurée

Le 29 décembre 2012, c’est une proposition phare de François Hollande qui est censurée par le Conseil constitutionnel. La taxe à 75% sur les revenus de plus d’un million d’euros annuel est jugée "inégalitaire" par les Sages: la taxation est en effet "assise sur les revenus de chaque personne physique", quand l’impôt sur le revenu est prélevé "par foyer".

Le camouflet est rude pour François Hollande, qui avait fait de la mesure un symbole de sa campagne présidentielle – au point de provoquer la colère de certains, comme Gérard Depardieu, qui a annoncé son départ de France.

Plus tard, lors d’une intervention télévisée, François Hollande précise que les entreprises seront finalement celles qui porteront cette taxe, et plus les contribuables. Et le taux passe finalement à 60%.

> Le 19 mars 2013: l'affaire Cahuzac

C’est l’affaire qui marquera l’année 2013 et le début du quinquennat de François Hollande. Jérôme Cahuzac, accusé par Mediapart de posséder un compte en Suisse, démissionne le 19 mars. Alors qu’il était encore ministre du Budget, il a affirmé devant l’Assemblée ne jamais avoir eu de compte à l’étranger.

Mais une information judiciaire est ouverte, et les preuves s’accumulent. Jérôme Cahuzac n’a plus le choix, et se rend chez les juges chargés de l’affaire pour reconnaître qu’il possède bien un compte caché en Suisse, transféré à Singapour. La polémique éclabousse l’ensemble de la classe politique. 

Dans la foulée, François Hollande annonce une loi sur la transparence de la vie publique, et demande aux ministres de publier leur patrimoine. La "République exemplaire" voulue par le président subit son plus sérieux revers.

Ariane Kujawski