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Régionales: duel à distance entre Pécresse et Bartolone

Claude Bartolone a reçu le soutien de Manuel Valls.

Claude Bartolone a reçu le soutien de Manuel Valls. - Martin Bureau - AFP

Les candidats des Républicains et du Parti socialiste pour les régionales en Ile-de-France étaient tous les deux en meeting jeudi soir. Valérie Pécresse a pu compter sur le soutien de François Fillon, quand Claude Bartolone était accompagné du Premier ministre Manuel Valls.

A trois jours du premier tour des élections régionales, les candidats abattent leurs dernières cartes. Vendredi soir, minuit, la campagne sera terminée. Jeudi soir, Claude Bartolone et Valérie Pécresse, tous deux candidats en Ile-de-France, se sont affrontés à distance lors de deux meetings auxquels assistaient Manuel Valls, pour le premier, et François Fillon, pour la seconde. Dans les sondages, si la candidate de la droite est annoncée gagnante, l'écart se réduit peu à peu.

Ce rendez-vous à la Halle Carpentier dans le XIIIe arrondissement est le seul maintenu à l'agenda du Premier ministre, alors que ce dernier avait annoncé, avant les attentats du 13 novembre, qu'il irait soutenir huit candidats au total. Du côté de l'entourage de Manuel Valls, on préfère alors parler de rassemblement. Ce dernier a d'ailleurs débuté par une minute de silence en hommage aux victimes des attaques de Paris qui a été suivie d'une Marseillaise a cappella

"Réveille-toi, peuple de gauche"

Le discours très républicain du Premier ministre a avant tout visé le Front national. Parlant de "supercherie", Manuel Valls a eu cette phrase à propos du parti de Marine Le Pen: "C'est un projet simplificateur, mortifère. Qui peut penser que l'extrême-droite aurait les réponses aux angoisses des français." Le Premier ministre s'est ensuite attaché à mobiliser les électeurs. 

"Se rendre aux urnes est plus qu'un devoir c'est une exigence, a-t-il martelé. Cette élection qui va avoir lieu c'est, en effet, la plus noble des réponses que la démocratie peut faire à la barbarie et aux ennemis de la République."

Si Manuel Valls a vanté le "patriotisme" dans un discours intitulé "Bleu, blanc, rouge", Claude Bartolone a lui scandé: "Réveille-toi, peuple de gauche!" Attaquant Les Républicains, le candidat socialiste appelle les centristes à le rejoindre. "Je dis aux centristes qu'ils n'ont plus rien de commun avec cette droite qui fait des menaces et pas des programmes", a-t-il scandé avant de s'en prendre au programme de son adversaire.

"L'hiver fiscal" socialiste

Dénonçant ses propos sur l'avortement ou ses propositions sociales, Claude Bartolone a lui insisté sur des thèmes comme la lutte contre les inégalités, le logement ou l'écologie, avant d'appeler à une "vote utile".

"A ma droite, on aboie. A mon extrême droite, on mord. A gauche, on se rassemble. L'unité de la gauche, nous la ferons!"

Face à ces arguments de campagne, Valérie Pécresse, en meeting à Rueil-Malmaison, dans les Hauts-de-Seine, a expliqué qu'elle voulait remporter l'Ile-de-France pour éviter "l'hiver fiscal", que promet Claude Bartolone, selon elle. "Eh bien moi, j'irai chercher l'argent partout ailleurs que dans votre poche", a-t-elle scandé avant de développer son programme insistant, trois semaines après les attentats du 13 novembre, sur la sécurité, la lutte contre la dé-radicalisation, le renvoi des migrants en situation irrégulière sans oublier la politique familiale.

"La firme Le Pen"

Après s'en être pris aux socialistes, Valérie Pécresse s'est attaquée au Front national, qui remonte peu à peu dans les sondages. Dénonçant une imposture, pour elle, "le FN se nourrit des problèmes mais refuse toute solution". 

Comme pour Manuel Valls, François Fillon, le grand invité de ce meeting, s'est lui attaqué à des thèmes nationaux. L'ancien Premier ministre François Fillon a parlé de "nettoyer les mosquées salafistes", reprenant les termes de l'imam d'Alfortville, ou il a fustigé la garde des Sceaux, Christiane Taubira.

"Allons chercher la victoire partout où la gauche se croit chez elle et partout où la firme Le Pen s’y croit déjà!", a-t-il conclu.

Justine Chevalier