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Sifflets contre la presse: Fillon "comprend" la colère de ses militants mais "ne l'excuse pas"

Pour le candidat de la droite, les médias ont une part de responsabilité dans l'hostilité de ses partisans à leur encontre.

Invité d’Europe 1 ce mardi matin, François Fillon a été interrogé sur l’ambiance parfois tendue à laquelle les journalistes doivent faire face dans ses meetings. Questionné sur les sifflets de certains de ses militants à l’encontre des médias, le candidat de la droite a dit les comprendre, sans pour autant les justifier.

"Si la presse se fait siffler, ce n’est pas à ma demande", a d’abord assuré François Fillon. Avant d’expliquer en substance que les médias, par leur manière de traiter les révélations autour des affaires qui le touchent, avaient un rôle dans l’exacerbation des tensions autour de sa campagne. Il a déclaré:

"Il faut juste parfois vous poser la question de savoir si vous avez zéro responsabilité dans cette situation. Pendant deux mois et demi ou trois mois, on a fait du Fillon-bashing tous les jours (…). Donc il y a un peu de colère chez les militants, qui sont des hommes et des femmes engagés, qui ont eu l’impression à un moment que la victoire allait leur échapper, que l’alternance n’aurait pas lieu, que j’allais peut-être même être contraint de retirer ma candidature. Donc ils sont crispés, ils sont parfois très en colère. Je la comprends cette colère, je ne l’excuse pas".

Pour Baroin, "il faut protéger la presse"

Sur BFMTV ce mardi, François Baroin a également été interpellé sur le climat électrique de certaines réunions du candidat Les Républicains.

Face à Laurent Neumann, qui lui demandait si François Fillon n’avait pas créé lui-même ce climat "pour se défendre des polémiques sur les affaires", ce pilier de la campagne du candidat LR a choisi de rendre hommage au travail de la presse:

"On est dans un pays libre, la démocratie s’appuie en partie sur la liberté de la presse, il faut protéger la presse dans son travail. J’ai été journaliste, j’ai moi-même vécu à la fin des années 1980 des moments de cette nature, il ne faut pas y accorder plus d’importance".

Mais François Baroin a également repris l’argument de François Fillon sur la part de responsabilité des journalistes, quoi que de manière beaucoup plus nuancée:

"Vous ne pouvez pas demander à des militants qui soutiennent leur candidat avec ferveur de n’avoir, et c’est regrettable, que des mots de politesse à l’endroit de ceux qui ne disent pas toujours du bien de leur candidat. Mais c’est la démocratie, voilà".
G. de V.