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Primaire à gauche: Emmanuel Macron rejette les appels de Valls et Cambadélis

L'ex-ministre de l'Economie, fort de 120.000 membres à son mouvement En marche! selon ses propres comptes, a affiché jeudi sur BFMTV l'assurance de celui qui estime ne pas avoir besoin de participer à la primaire ni de répondre aux appels de Manuel Valls ou de Jean-Christophe Cambadélis.

Emmanuel Macron est déterminé. Faisant fi des appels de Manuel Valls ou de Jean-Christophe Cambadélis à participer à la primaire de la gauche, le candidat à la présidentielle a rejeté l'invitation jeudi sur BFMTV et RMC. "On m'a fait beaucoup de procès mais j'ai toujours pris mes responsabilités. (...) Cambadélis me traite de peureux, me qualifiait de ministre d'ouverture quand j'étais au gouvernement. Et maintenant que notre rassemblement commence à faire peur, il faudrait qu'on se perde dans la primaire?", interrogé Emmanuel Macron qui revendique 120.000 militants au sein du mouvement En Marche!.

"Je suis clair depuis le début, je me suis lancé seul, sans appareil politique et sans financements publics", répète Emmanuel Macron qui explique surtout que sa place est majeure désormais dans le paysage politique. "Si vous me sortez du jeu des sondages, aucun candidat de gauche ne se qualifie pour le second tour", même sans lui, expose Emmanuel Macron, désigné candidat favori pour la gauche dans un sondage BFMTV mercredi.

"Je dénonce le jeu des primaires"

"Vous croyez que la primaire va régler les problèmes" de la gauche ou de la droite, poursuit l'ex-ministre de l'Economie et ancien conseiller de François Hollande. "La légitimité qui m'intéresse c'est celle du premier tour de la présidentielle. Puis d'aller au second tour pour le gagner. (...) Je dénonce le jeu des primaires parce que, regardez à droite, François Fillon a pris la main sur un appareil politique mais il a déjà ses frondeurs de demain au sein de son propre camp", assure l'auto-revendiqué "candidat du travail" qui dénonce le programme de François Fillon mais juge aussi que "travailler 35 heures est un peu réducteur". "Si j'étais le candidat de la finance je ne serais pas venu en politique. Mais j'ai travaillé, il y en a peu" , assume-t-il aussi.

Puis Emmanuel Macron de revenir sur le quinquennat de François Hollande. "On a vu pendant cinq ans les divisions de ce monde de l'hypocrisie", dit-il en référence à l'union qui a permis au chef de l'Etat de remporter la présidentielle de 2012 mais qui s'est effritée très vite une fois aux responsabilités. La preuve? Les anciens ministres Arnaud Montebourg et Benoît Hamon, voire Vincent Peillon, sont candidats à la primaire de la gauche, tout comme Manuel Valls qui vient de quitter son poste de Premier ministre. 

Un débat avec Valls s'il gagne la primaire

Est-il l'homme de la situation pour rassembler sa famille politique? "C'est un des candidats du PS et les électeurs diront s'il est l'homme de la situation. Ce n'est pas à moi de le faire", évacue Emmanuel Macron qui souligne ironiquement que Manuel Valls a revendiqué durant son passage à Matignon le rôle du "clarificateur". A-t-il piégé François Hollande pour le pousser à ne pas se représenter? "J'ai quitté le gouvernement en août je ne suis pas bien placé pour en parler", élude-t-il. Mais, "je n'ai jamais voulu quitter le gouvernement pour affaiblir François Hollande." Même quand il multipliait les apparitions médiatiques. "Si je suis en couverture c'est que ça fait vendre, qu'on ne me le reproche pas. J'ai existé avant, j'existerai après. Si vous n'aimez pas le papier glacé, lisez Révolution", son livre publié mi-novembre.

Le tout en attendant un débat - "accepté avec plaisir" - avec Manuel Valls s'il venait à remporter la primaire de la gauche. Emmanuel Macron lui est déjà lancé.

Samuel Auffray