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Primaire à gauche: Montebourg, Hamon, Peillon, trois anciens alliés à la gauche du PS

Benoît Hamon, Vincent Peillon et Arnaud Montebourg en octobre 2002 lors d'une conférence de presse.

Benoît Hamon, Vincent Peillon et Arnaud Montebourg en octobre 2002 lors d'une conférence de presse. - Eric Feferberg - AFP

Ces compétiteurs, si Vincent Peillon présente effectivement sa candidature à la primaire, ont tous trois lutté côte à côte au sein du Nouveau Parti Socialiste. Ensemble, ils avaient même voulu renverser la direction du parti en 2003.

Il y a un peu moins de 15 ans, ils voulaient rénover le Parti socialiste en prenant sa tête. Vincent Peillon, Arnaud Montebourg, et Benoît Hamon, cofondaient le courant du NPS (Nouveau Parti Socialiste) en octobre 2002, quelques mois avant le congrès de Dijon.

Si Vincent Peillon devient candidat d’ici au 15 décembre, date butoir pour déposer ses parrainages pour la primaire à gauche, les trois alliés se retrouveraient donc face à face dans cette primaire de la Belle Alliance Populaire.

Traumatisés par la défaite de 2002

Situé à la gauche du Parti socialiste, à l’époque dirigé par François Hollande, ce courant du NPS plaide alors pour la rénovation du PS, de la démocratie et d’une VIe République davantage parlementaire. Traumatisés par la défaite de Lionel Jospin à la présidentielle le 21 avril 2002, ils militent pour moderniser le parti. Le trio entend critiquer la dérive libérale de l’Union européenne et pointe le social-libéralisme comme un contre-exemple.

La motion portée au vote des militants du PS en mai 2003 rappelle que le Congrès de Dijon "ne pourra se contenter d'un statu quo déprimant ou d'une inacceptable glaciation".

"Le Parti que nous aimons et que nous servons doit redevenir l'instrument de reconquête des cœurs et des esprits, retrouver la force d'attraction de la jeunesse qu'il a perdue, des ouvriers et salariés à qui il n'a plus offert d'espérance, des intellectuels qu'il a négligés. Il devra, en conséquence, se transformer en profondeur".

La motion de François Hollande l’emporte finalement haut la main en réunissant 61,4% des suffrages. Mais le trio ne perd pas tout: la motion proposée par le NPS termine seconde, et totalise près de 17% des voix.

Les illusions perdues

Pourtant, l'alliance entre Vincent Peillon et Arnaud Montebourg ne dure qu’un temps. Durant l’été 2005, les 17.000 militants du NPS assistent béats à l’explosion du courant qu’ils soutiennent.

Alors qu’ils “prolongeaient leurs croisades parlementaires communes (contre les paradis fiscaux, notamment) par quelques jours de vacances dans le sud de la France (...) la lune de miel est terminée, et les illusions perdues”, peut-on lire dans Le Parisien le 14 septembre 2005.

Un rêve commun

En cause? D’un côté, Arnaud Montebourg souhaite s’allier aux pro-non à la Constitution européenne (Laurent Fabius et Henri Emmanuelli). De l’autre Vincent Peillon qui souhaite élargir le périmètre aux partisans du traité et donc s'allier à François Hollande. Les désaccords autour du référendum européen et la bataille d’égos auront raison du courant NPS.

“Comme tous les couples! Mais le tandem a un rêve commun, celui de renverser la direction du PS”, résume à l’époque Benoît Hamon. Et si leur rêve commun, aujourd'hui, n'était pas de finalement s’unir pour empêcher une victoire de Manuel Valls?

Brice Laemle