BFMTV

Vincent Peillon candidat: l'hypothèse évoquée par les "hollandais"

Le dernier carré des fidèles de François Hollande ne décolère pas et pousse l'ancien ministre de l'Education nationale à se présenter contre l'ex-Premier ministre. Mais Manuel Valls menace: gare aux tentatives de divisions à gauche.

Vincent Peillon, ancien ministre de l'Education nationale de Jean-Marc Ayrault, réfléchit à se lancer dans la bataille de la primaire de la gauche. Et visiblement, l'idée ne lui est pas venue toute seule. Si Martine Aubry a, un temps, été considérée comme l'instigatrice de cette éventualité, l'hypothèse vient d'ailleurs. 

Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture, porte-parole du gouvernement, et à présent brouillé avec Manuel Valls dont il a jugé le comportement déloyal envers le chef de l'Etat ces dernières semaines, évoquera en tout cas l'hypothèse ce mercredi, à 16h30, avec quelques députés.

Vincent Peillon revient de loin

Vincent Peillon pourrait prendre sa décision en cette fin de semaine, et réunir ses soutiens en début de semaine prochaine. Le retour sur le devant de la scène de cet ancien ministre, aujourd'hui âgé de 56 ans, est surprenant. Retiré de la politique nationale depuis 2014 et son départ du gouvernement, le député européen donne à présent des cours de philosophie à Neuchâtel, en Suisse.

L'hypothèse d'une campagne de Vincent Peillon dans le cadre de la primaire de la gauche illustre la volonté de certains "hollandais" de vouloir lutter contre Manuel Valls sans pour autant se rallier à Arnaud Montebourg. 

"La candidature logique du Parti socialiste"

Pour Patrick Mennucci, la candidature de Vincent Peillon incarnerait le "point d'équilibre de la ligne traditionnelle du Parti socialiste". Le député PS des Bouches-du-Rhône s’est d'ailleurs dit prêt, ce mercredi sur BFMTV, à soutenir la candidature de l’ancien ministre de l’Éducation si celui-ci désirait se présenter.

"Vincent Peillon, ce n'est pas un candidat de plus mais un candidat pour tous. C’est la candidature logique du Parti socialiste", a-t-il martelé.

De son côté, Jean-Christophe Cambadélis, le premier secrétaire du PS, s'est réjoui lui aussi de cette nouvelle candidature, mercredi sur France Culture.

"Vincent est un ami, c'est une personnalité que tout le monde connaît dans le Parti socialiste, au-delà je le pense aussi parce qu'il était ministre de l'Education nationale. Il a des choses à dire, je pense, au pays et pas seulement au parti".

La mise en garde de Valls

Un candidat à la primaire de la gauche ne peut pas se présenter "pour affaiblir" ou être un "candidat contre", a déclaré Manuel Valls mercredi. "C'est ma conception. On ne peut pas être candidat contre", a déclaré l'ex-Premier ministre. Quant à Vincent Peillon, "c'est un garçon intellectuel qui réfléchit aux problèmes de la France. Et je ne vais pas le disqualifier d'un mot ou d'une formule".

"Moi je suis candidat à la présidence de la République, je parle aux Français", a encore fait valoir Manuel Valls. "Je ne suis pas candidat pour participer à un nouveau débat sur la gauche. La gauche adore parler d'elle-même et c'est même parfois sa raison d'être", a-t-il affirmé.

R.V.