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Le livre de confidences de Hollande accueilli froidement par les députés

Patrick Mennucci, Pierre Lellouche et Gilbert Collard depuis l'Assemblée nationale sur BFMTV le 12 octobre 2016.

Patrick Mennucci, Pierre Lellouche et Gilbert Collard depuis l'Assemblée nationale sur BFMTV le 12 octobre 2016. - BFMTV

Les confessions de François Hollande dans le livre Un Président ne devrait pas dire ça... de Gérard Davet et Fabrice Lhomme, publié ce mercredi chez Stock, n'ont pas été, dans l'ensemble, bien accueillies chez les députés, y compris dans le camp de la majorité.

Dans les allées de l'Assemblée nationale, le nouveau livre sur François Hollande n'a pas manqué de faire réagir les députés, ce mercredi. Les premiers extraits de Un Président ne devrait pas dire ça... de Gérard Davet et Fabrice Lhomme, publié chez Stock, mettent en avant quelques confidences sur les femmes de la vie du président de la République: Ségolène Royal, Valérie Trierweiler ou sa compagne actuelle Julie Gayet. BFMTV a recueilli le sentiment de plusieurs parlementaires.

"Il livre des parts trop intimes"

"Je pense que François Hollande, depuis le début de son quinquennat, veut être un président normal. Or, les Français attendent du président de la République la force de Jupiter et la sagesse de Confucius. C’est-à-dire le modèle gaulliste ou de Mitterrand", a jugé Patrick Mennucci, député socialiste des Bouches-du-Rhône.

"Ce qu'on attend des hommes politiques ce n'est pas cela, c'est le travail, les lois et l'engagement", a-t-il insisté. "Il est aujourd'hui au bout du système avec ses interviews avec des journalistes. Il livre des parts trop intimes", a estimé l'élu PS. "François Hollande a fait des choses très positives pour ce pays mais je regrette que nous ayons droit à ce déballage aujourd'hui, nous n'en avons pas besoin", a-t-il regretté.

"C'est une pathologie de la démocratie"

Toujours dans le camp socialiste, Christian Paul, député frondeur de la Nièvre, n'a pas mâché ses mots sur l'exercice auquel s'est livré François Hollande. "Je pense que c'est une pathologie de la démocratie d'avoir passé autant de temps au détriment de l'essentiel de la fonction. Je pense qu'un président de la République doit communiquer. Il doit expliquer pour faire de la pédagogie des réformes. Mais là, ce n'est pas de cela dont il s'agit", a-t-il déploré. 

Le nombre de fois que le président a rencontré les auteurs du livre a aussi retenu l'attention de Pierre Lellouche. "Il passe 30% de son temps avec les journalistes. C'est phénoménal!", a lancé le député LR de Paris. "Moi j'ai eu la chance et l'honneur d'être au gouvernement, on sait ce qu'est une vie d'homme dans l'exécutif. Dans le législatif, on travaille beaucoup mais ce n'est rien à côté de l'exécutif", a-t-il assuré.

"Pourquoi avoir vu ces journalistes 60 fois?"

Du côté d'Eric Ciotti, député LR des Alpes-Maritimes, l'ouvrage soulève de nombreuses questions. "On peut s'interroger pourquoi ce livre? Pourquoi ces confidences? Pourquoi avoir vu ces journalistes 60 fois? Est-ce qu'il n'avait pas d'autres choses à faire? Est-ce qu'il n'avait pas à s'occuper des affaires de la France? Quel est l'objectif?", a demandé l'élu Les Républicains.

La charge la plus virulente est venue du député du Gard du rassemblement bleu Marine, Gilbert Collard. "Ce ne sont pas les mémoires de guerre du général de Gaulle, ce sont les mémoires du sapeur Camembert", a ironisé le parlementaire. "Il a quand même fait plusieurs livres, on a l'impression qu'il a un besoin psychanalytique de se confier. Il a un problème d'inconscient, il faut qu'il parle car il a l'impression qu'en parlant, qu'en se racontant il reconstruit la réalité", a-t-il expliqué.

Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du PS, était bien le seul à vouloir prendre la défense du chef de l'Etat. "Les extraits qui sont présentés ne prennent pas en compte la pensée du président qu'il exprime parfaitement dans le Nouvel Observateur", a assuré le député socialiste de Paris. "C'est un peu dommage que le livre vienne cannibaliser l'interview", a-t-il ajouté. Dans un entretien à l'hebdomadaire, François Hollande indique se sentir "prêt" à faire l'inventaire sur ses 60 engagements lors de la campagne de 2012, un premier pas possible vers une nouvelle candidature dans la course à l'Elysée.

Elise Maillard