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Présidentielle: les grandes manœuvres commencent à droite autour de l'organisation de la primaire

Ce mardi, le bureau politique des Républicains doit examiner les pistes de travail dégagées par le maire d'Antibes, Jean Leonetti, en vue d'un mode de désignation d'un candidat pour la présidentielle de 2022. Dès lundi soir, des ténors de la droite ont insisté dans la presse pour la mise sur pied d'une primaire ouverte.

À la recherche de leur candidat, Les Républicains réunissent ce mardi leur bureau politique pour lancer le périlleux compte à rebours de la présidentielle, sous la pression de plusieurs ténors qui comptent bien peser face à Xavier Bertrand.

"On va lancer les choses sérieuses, engager un processus de départage pour choisir le meilleur candidat derrière lequel tous nous ranger", a promis lundi sur LCI Agnès Evren, l'une des vice-présidentes de LR.

À cette occasion le maire d'Antibes Jean Leonetti présentera ses pistes de travail, et la direction devrait proposer un vote sur le calendrier, dévoilé dans ses grandes lignes par le président de LR Christian Jacob fin juin: vaste étude d'opinion lancée fin aot, décision sur un éventuel système de départage fin septembre, puis désignation du candidat en novembre. Un scénario d'ores et déjà contesté.

Les rivaux de Bertrand veulent une primaire ouverte

Lundi soir, Valérie Pécresse (ex-LR), Laurent Wauquiez et Bruno Retailleau, tous trois candidats potentiels à la présidentielle, ont signé (avec le patron des centristes Hervé Morin) une tribune commune pour réclamer "dès que possible" l'organisation d'une primaire ouverte de la droite et du centre.

"L'homme ou la femme providentiel que certains espéraient ne s'est pas imposé", affirment-ils, dans une allusion voilée à Xavier Bertrand, seul candidat déclaré pour le moment, et qui est crédité de 18% des intentions dans un récent sondage, contre 14% à Valérie Pécresse et 13% à Laurent Wauquiez. Mais il n'écrase pas le match, et reste derrière Emmanuel Macron (24%) et Marine Le Pen (26%). Si l'initiative vise donc le président du Conseil régional des Hauts-de-France, celui-ci l'a déjà affirmé clairement: il n'a pas l'intention de se plier à l'exercice d'une primaire.

Espérant qu'un leader se dégage naturellement, et ayant du mal à abandonner l'hypothèse François Baroin, la direction de LR a commandé une étude sur 15.000 personnes pour éclairer son choix. Une idée vivement contestée par les signataires: "Que des sondages, dont la fiabilité est plus que jamais mise en doute, fassent office de moyen de sélection de notre candidat ne peut satisfaire personne".

Les signataires de la tribune au Figaro avertissent: laisser le choix du candidat à la seule direction de LR serait une "impasse". Il faut au contraire "s'en remettre au système le plus clair, le plus démocratique: le vote", qui doit être "populaire, le plus large possible, ouvert à tous les sympathisants de la droite et du centre", et organisé "dès que possible", selon eux.

Resserrer le calendrier

Le tempo aussi est critiqué: il faut, selon eux, "définir rapidement le mode de désignation" car "plus vite elle sera tranchée, plus vite nous pourrons parler d'une seule voix aux Français". Leur demande rejoint celle de 91 sénateurs de droite, qui ont appelé le bureau politique à "un calendrier resserré".

Dans l'entourage de Michel Barnier, autre candidat potentiel, le trésorier de LR Daniel Fasquelle a souligné lundi soir sur LCI qu'"aucun candidat ne peut gagner sans le soutien des Républicains" et "cela peut se faire par le biais d'une primaire". "Xavier Bertrand n'a rien à craindre" d'un tel processus, a-t-il insisté.

Jean Leonetti avait lui aussi plaidé dans le JDD pour "un système" de départage, ouvert aux "personnalités de notre famille de pensée de la droite et du centre, validées par un système de parrainages". Avant même la tribune de lundi, et l'exacerbation de la compétition, il avait aussi affirmé: il faut que le vainqueur du départage "n'exclue pas les autres et que tous forment in fine une équipe" pour porter "ensemble" le projet présidentiel.

On est cependant loin du consensus sur la question. À la direction de LR, le numéro 3 Aurélien Pradié appelait lundi midi à "faire preuve de sang-froid", arguant qu'à dix mois de la présidentielle le sujet n'est pas dans l'esprit des Français. Accélérer "c'est être certain d'avoir deux candidats à la fin de l'année", affirme-t-il à l'AFP. Quant à la primaire, "ça a été la raison principale de notre échec" à la présidentielle de 2017, selon lui. "Nous n'avons pas le droit d'engager une machine à perdre et à diviser", avait affirmé lundi matin le numéro 2 de LR Guillaume Peltier, en soutenant Xavier Bertrand.

Mais Guillaume Peltier devrait bien malgré lui figurer au centre des échanges de ce même bureau politique ce mardi. D'après L'Opinion, Christian Jacob a résolu de profiter de l'occasion pour le priver de son titre de vice-président délégué du parti, pour le ravaler au rang subalterne de vice-président tout court, parmi d'autres personnalités au titre similaire.

Il paie ses propos du 30 mai dernier sur RTL, lorsqu'il avait demandé le rétablissement de la Cour de sûreté sans possibilité d'appel dans les affaires de terrorisme. Une sortie hors de la ligne du mouvement, mal perçue par l'organigramme à l'orée des régionales.

R.V. avec AFP