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"Guerrier", "au combat": Emmanuel Macron durcit le ton

Freiné dans les sondages, l’un des favoris du scrutin adopte une ligne de campagne un peu plus offensive.

Changement d'ambiance à dix jours de l'élection présidentielle. Alors que les intentions de vote en sa faveur semblent se tasser, comme le démontre le dernier sondage Elabe pour BFMTV, Emmanuel Macron a manifestement choisi de montrer ses muscles. Et de hausser le ton.

Face à François Fillon ces derniers jours, le candidat d'En Marche! a donné un premier aperçu de ce tempérament plus musclé. "François Balkany", l’a-t-il rebaptisé, dans une réplique au surnom dont l’avait affublé le champion de la droite: "Emmanuel Hollande". Il l’a également qualifié, mardi, d’"homme de peu de valeurs", après que François Fillon a dénoncé de supposées "volte-face" de son rival sur la déchéance de nationalité.

"Je suis dans le combat"

Alors, fini le gentil Macron? Celui qui a fondé sa démarche politique sur le dépassement des clivages semble avoir fini par se résoudre à la violence propre aux campagnes électorales. Dans les colonnes du Parisien de ce mercredi, il prend des accents batailleurs:

"Il ne faut s’attendre à rien, n’être surpris par rien et se faire une cuirasse. Moi, je suis un guerrier".

"Je suis dans le travail, la conviction et le combat", assurait-il la veille au micro de BFMTV, avant de tenir meeting à Besançon. Une réunion lors de laquelle il ne s’est pas privé de planter des banderilles sur ses adversaires dans la course à l’Elysée.

Qu'a-t-il dit de Jean-Luc Mélenchon, dont la côte de popularité explose? "Nous avons le révolutionnaire communiste. Il était sénateur socialiste, j’étais encore au collège!". François Fillon? "Nous avons Vercingétorix, a-t-il moqué le candidat Les Républicains, qui s’était comparé au chef gaulois. Depuis trente-cinq ans, il est dans la vie politique française!".

Marine Le Pen? "Elle a encore montré ces derniers jours, quand certains voulaient l’oublier en ne retenant que son prénom, qu’elle avait un nom. Une marque que nous connaissons trop bien", a dénoncé l’ancien ministre de l’Economie dans une allusion aux récents commentaires de la cheffe du FN sur la rafle du Vel d’Hiv’.

"Il va devoir prendre des risques"

Les supporters d'Emmanuel Macron interrogés mardi à Besançon par BFMTV approuvent son changement de ton. L’une d’elle jugeait:

"Il a été très bienveillant jusqu’à présent, je crois qu’il faut maintenant un peu en sortir".

Au risque de paraître fébrile? Ou de céder sur ce qu’il revendiquait comme sa spécificité politique, une forme d'esprit de tolérance?

Pour Bruno Jeudy, éditorialiste BFMTV, le candidat d’En Marche! n’a de toute façon pas vraiment le choix. Mardi sur notre antenne, il estimait:

"Dans cette situation où ça s’effrite, il va devoir prendre des risques".

A lire: Le baromètre des éditorialistes - "Macron attaque Mélenchon parce qu'il se tasse, comme Le Pen".

Ghislain de Violet avec Jérémy Muller et Alexis Cuvillier