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Paris: les propositions d'Anne Hidalgo pour lutter contre la précarité et le mal-logement

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L'édile de Paris compte notamment ouvrir de nouveaux centres d'hébergements ou encore créer une nuit de la solidarité métropolitaine, une initiative qui existe déjà à l'échelle de la capitale.

À l'approche de la troisième nuit de la solidarité, qui se déroulera ce jeudi soir, Anne Hidalgo, candidate à sa réélection à la mairie de Paris, a distillé les mesures qu'elle souhaite mettre en place pour lutter contre le mal-logement et l'exclusion si les Parisiens lui accordent de nouveau leur confiance en mars. "Une des fonctions d’une grande ville de Paris est de tendre la main et d’avoir une politique de solidarité extrêmement poussée", a-t-elle déclaré ce jeudi matin au micro de franceinfo

Un vaste programme puisque, comme l'avait démontré la dernière nuit de la solidarité - qui vise à recenser le nombre de sans-abri dans la capitale et à établir leurs profils - pas moins de 3641 personnes dormaient à la rue dans la capitale en 2019.

Lors de la présentation de son programme de lutte contre l'exclusion jeudi soir dans le XVIIIe arrondissement, Anne Hidalgo a ainsi assuré qu'il fallait "agir à l'échelle de la métropole du Grand Paris", en créant "une nuit de la solidarité métropolitaine et un Samu social métropolitain", comme le rapporte Le Parisien

Ouvrir de nouveaux centres d'hébergement

De nouvelles initiatives qui ne régleraient pas la question du logement de ces personnes vivant à la rue. L'actuelle maire de Paris a donc expliqué qu'elle souhaitait ouvrir des nouveaux centres d'hébergement dans chaque quartier, pour être "plus près" des sans-abri dans le besoin.

"Nous ouvrirons une halte dans chaque mairie d'arrondissement", a-t-elle fait valoir, ainsi que des "bagageries solidaires" où ces personnes pourront déposer leurs affaires.

Sur franceinfo, Anne Hidalgo a souligné la vulnérabilité des femmes, qui constituent 12% des personnes vivant à la rue à Paris. Elle a ainsi promis l'ouverture d'une deuxième zone d'accueil destinée aux femmes avec enfants sans domicile fixe à l'Hôtel de Ville, où existe déjà un centre de ce type.

Mais pour la maire de Paris, la bataille pour le mal-logement commence par la lutte contre l'expulsion. "Etre dans la rue, souvent, c'est quelque chose qui arrive assez vite après un divorce, un accident de la vie", a-t-elle expliqué au micro de Marc Fauvel. Elle s'est ainsi ailleurs félicitée qu'en dix ans, les expulsions locatives aient diminué de 30%, lorsqu'elles ont augmenté - en moyenne - de 40% sur le reste du territoire français.

Logements sociaux et référendum contre Airbnb

Sur franceinfo, l'édile a par ailleurs défendu son bilan en terme de logement social et d'accueil des plus démunis

"Nous avons été une des villes qui a le plus produit de logements et de logements sociaux sur cette mandature, 2014 à 2020. Nous avons produit 41 000 logements sociaux pour les plus démunis vivant d'aides, les personnes travaillant mais n'arrivant pas à se loger sur le marché parisien, et pour les classes moyennes", a énuméré Anne Hidalgo sur franceinfo.

Anne Hidalgo a de nouveau pointé du doigt le rôle d'Airbnb dans le manque de logements disponibles à Paris. La maire a ainsi réaffirmé que si elle était réélue en mars prochain lors des élections municipales, elle mettrait en place "avant l'été prochain un référendum populaire" pour que ses administrés donnent leur avis sur cette plateforme de location en ligne.

"Il n'aura pas de valeur légale, mais j'espère que ça permettra de faire bouger les choses", a-t-elle déclaré.

Une grande consultation qui a des chances de se tenir puisqu'Anne Hidalgo est actuellement en tête des sondages du scrutin à venir.

Juliette Mitoyen