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Municipales: le PS défait, l'UMP tient sa "vague bleue"

Municipales: un second tour en forme de déroute pour le PS

Municipales: un second tour en forme de déroute pour le PS - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Le parti socialiste enregistre un sévère revers au second tour des élections municipales au profit de la droite dans plusieurs villes importantes, comme Pau, Angers ou Quimper, tandis que le FN a remporté Béziers et Fréjus, selon les premiers résultats et des estimations.

En perdant Ajaccio, Angers, Laval, Reims, Quimper, le PS a vu son cauchemar se poursuivre, dimanche soir, à l'issue du second tour des élections municipales. A droite, en revanche, on jubile: Jean-François Copé clame que l'UMP est devenue le premier parti de France. Au FN, Marine Le Pen se targue d'avoir empocher une dizaine de villes. Côté chiffres, la droite remporte 45,91% des suffrages, la gauche 40,57%, l'extrême droite 6,84% et les candidats sans étiquette 6,62%.

> Une "claque comme on n'en a jamais vue" au PS

Même si elle a conservé Paris, "l'arbre" symbolique censé masquer une forêt d'échecs cuisants, la gauche n'est pas parvenue à mobiliser son électorat traditionnel dans l'entre-deux-tours, signe d'un désaveu tenace envers François Hollande et sa politique. Parmi les villes que la gauche perd figurent notamment Angers, Laval, Reims, Quimper, qui était dirigée par Bernard Poignant, conseiller politique officieux de François Hollande. Au total, le PS perd plus de 150 villes de plus de 9.000 habitants. Une claque en forme "d'avertissement sévère" pour la gauche, selon Ségolène Royal, la candidate PS à la présidentielle de 2007. La gauche conserve toutefois Paris, Lyon, Lille, Strasbourg, Metz, Rennes, Brest, Lens, et conquiert Avignon.

"C'est peut-être le plus grand mouvement de bascule de l'histoire de la Ve République", a estimé le directeur général de la Fondation Jean Jaurès (proche du PS), Gilles Finchelstein. "'C'est l'effondrement d'une partie du socialisme municipal", a, pour sa part, jugé le sondeur Frédéric Dabi (Ifop), parlant aussi de la "pire élection municipale de l'histoire de la gauche" et d'une "claque comme on en n'a jamais vue".

> Vague bleue pour l'UMP

La droite s'était fixé pour objectif - mesuré - de renverser le rapport de forces dans les quelque 1.100 communes de plus de 9.000 habitants contrôlées jusqu'ici à 54,5% par la gauche. Elle réussit son pari: après avoir pris 29 villes à la gauche au premier tour, plus de cent villes complètent l'équation. Dès à présent, outre les villes déjà citées, Saint-Etienne, Tourcoing, Limoges, Nevers, Dunkerque, Belfort, Angoulême, Périgueux, Amiens basculent à droite. Le président de l'UMP, Jean-François Copé, s'est aussitôt félicité d'une "vague bleue" proclamant que son parti était "le premier de France".

"Le Sénat devrait repasser à droite en septembre", a également indiqué l'UMP. "D'après nos calculs, le Sénat devrait repasser à droite en septembre, vu le nombre de villes de plus de 9.000 habitants, pourvoyeuses de grandes électeurs, qui ont basculé dans notre camp", a affirmé Jérôme Lavrilleux.

> Le FN confirme son ancrage

Le Front national fait son retour dans les municipalités, avec les victoires dans au moins onze mairies dimanche dont Fréjus et un secteur de Marseille qui s'ajoutent à Hénin-Beaumont remportée dès la semaine dernière. L'ancien président de "Reporters sans frontières" Robert Ménard, soutenu par le FN, l'emporte à Béziers, dans l'Hérault.

"Le FN réussit le meilleur score de toute son histoire à une élection locale", s'est réjoui sur TF1 le vice-président du FN, Florian Philippot, qui a été battu à Forbach, tout comme le compagnon de Marine Le Pen, Louis Aliot, à Perpignan. "Il faut désormais compter avec une troisième force politique dans notre pays", a commenté Marine Le Pen, qui demande à François Hollande d'"enterrer" le pacte de responsabilité, clé de voûte de sa politique de redressement.

"Le contrat est incontestablement rempli" pour Jean-Yves Camus, chercheur spécialiste de l'extrême droite. C'est un "scénario idéal" pour Marine Le Pen, a jugé quant à lui Sylvain Crépon, sociologue spécialiste du FN.

> L'abstention atteint un sommet

L'abstention a atteint un niveau jamais atteint pour un second tour des municipales sous la Ve République, avec un taux de participation de 63,7% qualifié "d'historiquement bas" par le ministre de l'intérieur Manuel Valls. Ce taux de participation de 63,7% correspond à une abstention de 36,3%. A titre de comparaison, au deuxième tour de 2008, l'abstention finale était de 34,80%. Au premier tour le 23 mars, elle s'était établie à 36,45%.

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Hélène Favier