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Législatives: les soutiens à géométrie variable d’Edouard Philippe

Edouard Philippe lors d'une visite de terrain au côté de Benjamin Griveaux, candidat En Marche! à Paris.

Edouard Philippe lors d'une visite de terrain au côté de Benjamin Griveaux, candidat En Marche! à Paris. - PATRICK KOVARIK - AFP

Le Premier ministre a appuyé alternativement des candidats de sa nouvelle ou de son ancienne famille politique ces dernières semaines.

Il y aurait de quoi y perdre son sens de l’orientation. Edouard Philippe a apporté son soutien à plusieurs candidats aux législatives indépendamment de leur étiquette partisane. S’il a souvent appuyé des prétendants d’En Marche! contre des figures de son ex-parti, il lui est aussi arrivé d’encourager des personnalités de droite, à condition qu’elles n’aient pas d’adversaires macronistes. Excepté dans un cas, où il a rendu une visite de courtoisie à un LR contre une "marcheuse". Initiation à la géographie électorale (parfois sineuse) du chef du gouvernement.

En Bretagne

Lundi, c’est à Maël de Calan que le Premier ministre a rendu une petite visite, dans le Finistère. Comme d’autres candidats encouragés ces dernières semaines par Edouard Philippe, il appartient aux Républicains. Sauf que la situation est un peu différente dans ce cas de figure: Mäel de Calan est opposé à une candidate de La République en marche pour le deuxième tour des législatives, alors que les précédents candidats de droite soutenus par Edouard Philippe n’avaient pas d’adversaires macronistes.

Sur son compte Twitter, Maël de Calan a posté une photo de lui tout sourire au côté du locataire de Matignon.

Mais l’entourage d’Edouard Philippe a ensuite tenu à préciser à l’AFP que les deux hommes, tous deux juppéistes, ne s’étaient vus qu’ "à titre amical" (on n’oserait dire, "citoyen").

Pour ajouter encore à la confusion, la candidate LREM opposée à Maël de Calan a riposté en diffusant une vidéo de soutien de Christophe Castaner, ministre chargé des relations avec le Parlement et macroniste de la première heure.

A Paris

Dans la XVIIIe circonscription de la capitale, la situation est unique. Les deux candidats arrivés en tête au premier tour, Pierre-Yves Bournazel (LR) et Myriam El Khomri (PS), se revendiquent tous deux de la majorité présidentielle. Cette dernière revendique même le soutien d’Emmanuel Macron en personne.

Pas de quoi faire dévier de sa route Edouard Philippe, qui appuie l’élu de droite depuis une semaine. Ce mardi, le Premier ministre a d’ailleurs réitéré sa position:

  • "Je connais bien Pierre-Yves depuis longtemps, j’ai travaillé avec lui dans le cadre de la primaire de la droite et du centre pour soutenir Alain Juppé, je sais qu’il sera un très bon parlementaire".

Et ailleurs

Auparavant, Edouard Philippe s’était affiché alternativement auprès de candidats de son ancienne famille politique et de sa nouvelle. Pour la première, il avait par exemple rendu visite à l’UDI Yves Jégo dans son fief de Montereau le 1er juin (sans candidat LREM face à lui). Pour la seconde, il avait consacré un déplacement en Normandie à Bruno Le Maire, son ministre de l’Economie passé de LR à En Marche! mais aussi à son collègue du gouvernement Christophe Castaner, dans les Alpes-de-Haute-Provence.

G. de V.