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ÉDITO - Macron "a décidé d'être à la manœuvre" de la grande concertation nationale

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Emmanuel Macron avait annoncé fin novembre, au début de la crise des gilets jaunes, une "grande concertation nationale" à propos de la transition écologique et sociale. Elle est lancée ce mardi.

Le président de la République Emmanuel Macron lance ce mardi le processus de "la grande concertation nationale", qui durera jusqu'au 1er mars, pour résoudre le conflit social qui agite la France depuis un mois. Elle aura pour mission de "construire ce nouveau modèle économique, social, territorial", "en apportant des solutions, des méthodes", selon les mots d'Emmanuel Macron. 

Ce débat national abordera quatre grands thèmes: la transition écologique, la fiscalité, la démocratie et la citoyenneté, et l'organisation de l'État. Il s'appuiera, entre autres, sur les élus locaux, notamment les maires, qui ont proposé à leurs habitants de remplir des cahiers de doléances, à faire remonter au sommet de l'État.

C'est Emmanuel Macron qui mènera au niveau national les échanges entre tous les secteurs. Il a déjà reçu le monde bancaire le 11 décembre dernier, qui s'est engagé à ne pas augmenter ses tarifs pour 2019. Mais pourquoi le président tient-il autant à prendre en charge ce débat national? Pour nos éditorialistes Christophe Barbier et Laurent Neumann, il pour lui d'"être à la manœuvre". 

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> "Le chef de l'État a décidé d'être à la manœuvre"

"Emmanuel Macron a fait ces promesses, donc il doit s'assurer qu'elles soient tenues. C'est pour ça qu'il réunit les ministres cet après-midi, c'est pour ça qu'il va réunir, sans doute au début du mois de janvier, l'ensemble des plus hauts cadres de l'administration, et réunir les mutuelles, les assurances. C'est du concret pour les gens. Il avait déjà réuni les banques le 11 décembre, les grandes entreprises le 12 décembre. Ce qui est clair c'est que le chef de l'État a décidé d'être à la manœuvre.

Le problème c'est que dans cette concertation nationale, il y a une inconnue, c'est 'est-ce que les gilets jaunes vont y participer, comment?' Là on voit que c'est le cas, mais est-ce que ça va être le cas partout? Ceux qu'on est en train de déloger sur les ronds-points, est-ce qu'ils vont aller dans les mairies parler et faire part de leurs doléances?"

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> "Il a fait passer le national avant l'international"

"Il y a urgence. Ce débat, il devait commencer le 15 décembre, c'est déjà en retard. Macron a même annulé un déplacement à Biarritz pour préparer le G7 de la prochaine fois, c'est à dire qu'il a fait passer le national avant l'international. Il a lu le sondage Odoxa: 11% des gens le considèrent comme 'humble', 12% comme 'proche des gens', 77% comme 'président des riches'. Vous voyez les dégâts?

Il y a un critère qui joue en sa faveur: 55% des Français considèrent que le Président est dynamique. C'est ça la dynamique, il faut l'entretenir et elle s'entretiendra non plus avec les marcheurs - le parti s'est délité - mais avec ce grand débat national."

Salomé Vincendon