BFMTV

Concertation avec les gilets jaunes: la grande peur des ministres

Le Premier ministre Edouard Philippe le 6 octobre 2017 à Nantes

Le Premier ministre Edouard Philippe le 6 octobre 2017 à Nantes - AFP

L’exécutif s’interroge sur la participation des membres du gouvernement au futur "Tour de France" de la transition écologique. Certains redoutent un dialogue de sourds, voire d’être la cible des manifestants.

Les membres du gouvernement seront-ils malmenés par les gilets jaunes en allant aux futures rencontres territoriales? C’est la crainte de Marc Fesneau, ministre en charge des relations avec le Parlement, au moment où l’exécutif prépare un "Tour de France" de la transition écologique. 

"On est dans un moment un peu éruptif. Il ne faut pas que ce soit contreproductif au dialogue", explique cet élu MoDem entré au gouvernement lors du remaniement en octobre.

Marc Fesneau se dit certes favorable à la présence de ministres dans les futures rencontres territoriales, à condition que chacun puisse s’écouter… Et que les gilets jaunes aient clairement désigné des représentants.

"Vous ne pouvez pas faire une assemblée ou un dialogue avec des gens à cinq-cents, sinon c’est une escroquerie, c’est un meeting réciproque, ce n’est pas l’objectif", a-t-il poursuivi mercredi devant l’Association des journalistes parlementaires.

Une représentation "théâtre"

"Il faut pouvoir dialoguer tranquillement, pas que ce soit une représentation théâtrale réciproque", insiste-t-il.

Edouard Philippe, qui a entamé une série de consultations ce jeudi pour organiser ce "Tour de France", devrait encourager les membres du gouvernement à se rendre sur le terrain. Dans son entourage, on souligne que le Premier ministre a toujours prôné et apprécié les rencontres directes avec les Français. Mais le déroulement reste à préciser: "il faut définir le bon format, il ne s’agit pas de venir faire un discours d’une demi-heure avec la mise en scène du protocole préfectoral".

Pour sa part, Marlène Schiappa (secrétaire d’Etat à l’égalité) a indiqué mercredi sur RMC qu’elle irait à la rencontre de gilets jaunes dans la Sarthe, sa terre d’élection. Directement concernée par le sujet, la secrétaire d’Etat Brune Poirson (Transition énergétique) parlera avec leurs homologues du Vaucluse. De leur côté, plusieurs députés LaREM ont déjà organisé des rendez-vous avec les manifestants de leurs circonscriptions, tournant souvent au dialogue de sourds.

Nicolas Prissette