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ÉDITO - Le Pen et Royal déjà en lice pour la présidentielle de 2022? "C'est tôt, mais c'est dû au quinquennat"

Baromètre des éditorialistes - Alors que la campagne des municipales est à peine lancée Marine Le Pen a annoncé jeudi sa candidature à la présidentielle de 2022. À gauche, Ségolène Royal semble occuper de plus en plus d'espace.

Si la campagne des municipales débute seulement, la campagne présidentielle semble officiellement lancée. Lors de ses vœux à la presse ce jeudi, Marine Le Pen a d'ores et déjà confirmé sa candidature pour 2022. L'entourage de la présidente du Rassemblement national affirme qu'elle se donne un an pour préparer son projet d'ici le congrès du RN, prévu courant 2021.

Le même jour à gauche, l'ancienne candidate socialiste, Ségolène Royal a fait un pas vers une possible candidature sur le plateau de BFMTV. "Si je suis la mieux placée, je serai prête", a-t-elle affirmé, disant refuser l'idée d'un nouveau face-à-face entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Pourquoi se déclarer aussi tôt?

Christophe barbier
Christophe barbier © -

"Marine Le Pen enjambe les problèmes"

"Qu’est-ce qu’on a rapproché à Marine Le Pen en 2017 ? On lui a reproché de ne pas être prête, d’avoir connu un effondrement dans le débat d’entre deux tours parce qu’elle n’était pas prête ni sur le programme, ni sur l’équipe, ni sur sa conception de la présidence. Là elle veut se préparer.

Aussi, les municipales sont toujours un moment difficile pour la Rassemblement national lorsqu'il s'agit de trouver des candidats pour les petites communes. Les régionales ne sont pas faciles non plus. (...) Elle enjambe les problèmes en parlant déjà de l’obstacle suivant, la présidentielle, là où son capital électoral est le plus fort.

Enfin, il y a des problèmes de financement, des problèmes judiciaires au Rassemblement national. Ces épreuves-là vont tomber sur Marine Le Pen. Elle veut être candidate avant pour pouvoir dire 'vous voyez, on me crée des ennuis pour m’empêcher dans ma course présidentielle'."

Pour Royal, "une façon d'occuper l'espace"

"À gauche Ségolène Royal a déclaré que si elle est la mieux placée en 2022, elle serait prête. (...) C’est aussi une façon d’occuper l’espace. Il n’y a pas beaucoup de présidentiables à gauche. C'est aussi une manière de dire à Jean-Luc Mélenchon 'tu n’es pas le seul à incarner une gauche sociale anti-Macron'.

Et puis cela peut permettre à Ségolène Royal de retrouver les faveurs de l’opinion publique, comme en 2006, où elle s’était imposée au Parti socialiste en passant par les sondages. Enfin, cela rappelle le François Mitterrand de 1965. À l'époque, il n’était d’aucun parti et la gauche hésitait à se présenter à la présidentielle pour la première fois. Il y est allé et ça a donné toute l’aventure Mitterrand."

"On ne pense plus qu'à la présidentielle"

"C’est tôt, mais c’est dû au quinquennat. Quand on a créé le quinquennat, on n’a pas voulu raccourcir le mandat des députés. (...) Là, on devrait être en train de parler des législatives avec cette question: est-ce que le gouvernement travaille bien ou doit-on imposer une cohabitation à Macron ? Et on ne parlerait pas de la présidentielle."

Comme les deux mandats sont superposés, il n’y a plus de législatives. Les députés ne servent qu’à obéir au président, on ne pense plus qu’à la présidentielle. Donc, dès qu’une présidentielle est passée, on parle déjà de la suivante."

Romane Ganneval