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Marine Le Pen lance sa campagne pour les municipales, la "meilleure école" pour "parvenir au pouvoir"

Lors de la convention du Rassemblement national ce dimanche, Marine Le Pen a exposé les principaux objectifs qui seront portés par son parti lors des prochaines élections municipales, qu'elle a présentées comme une étape clé avant la présidentielle de 2022.

Marine Le Pen a lancé ce dimanche la campagne du Rassemblement national pour les élections municipales de mars 2020. Face aux maires sortants, aux candidats et aux sympathisants de son parti, rassemblés pour cette convention nationale à la Maison de la chimie, dans le 7e arrondissement de Paris, la femme politique a assuré que via ces élections, la volonté du RN était de "parvenir au pouvoir".

"Je le clame haut et fort: notre volonté est de parvenir au pouvoir (...) L'alternance, la grande alternance, est une nécessité vitale pour notre pays", a lancé Marine Le Pen à son public.

Les municipales, une étape avant la présidentielle

L'ancienne candidate aux élections présidentielles de 2012 et 2017 a estimé qu'un "nouveau quinquennat mondialiste fera atteindre des points de non-retour en matière de submersion migratoire, d'islamisation de désindustrialisation (...), de 'détricotage', de fracturation d'un système de protection sociale auquel les Français son attachés".

La présidente du Rassemblement national a ainsi assuré que la longue séquence électorale qui s'ouvre en mars prochain avec les municipales et qui se poursuivra en 2021 avec les élections départementales et régionales doit avoir pour but de porter son parti à la tête du pays lors de la prochaine course à l'Élysée.

"Il n'est pas de meilleure école que les municipales. (...) Voyez les difficultés devant vous comme les phases d'un parcours initiatique nécessaire. Voyez dans l'édifice construit pendant les municipales les bases de l'édifice qui suit. C'est à dire les régionales, les départementales, où là aussi vous aurez un rôle à jouer", a-t-elle lancé aux maires sortants et aux candidats RN.

"Démétropolisation" et "listes localistes"

Sans surprise, Marine Le Pen s'est également placée en défenseure des campagnes et des villes moyennes, face à la mondialisation et aux grandes métropoles régionales qui "vampirisent les territoires qui les entourent".

"La mondialisation tend à urbaniser le monde autour de grandes métropoles, de métropoles parfois gigantesques (...) La densification des métropoles régionales assèche les territoires. La fracture territoriale que les gilets jaunes ont mis en avant est une réalité criante et sera un grand enjeu de la présidentielle", a-t-elle déclaré. Il y a eu une politique de la ville. Mais y'a-t-il eu une politique des campagnes? Non."

Marine Le Pen a ainsi assuré que son parti souhaitait mettre une place "une grande politique de rééquilibrage des territoires dénommée 'démétropolisation'", visant notamment à "pousser les sociétés à s'installer sur tout le territoire" et à "amplifier le mécanisme de déconcentration des activités publiques". "C'est pourquoi nous qualifions les listes que le Rassemblement national présente ou soutien de listes localistes", a-t-elle poursuivi.

"Immigration" et "insécurité", enjeux des municipales pour le RN

Via la critique de la mondialisation et de la gestion par son opposition politique des "métropoles de plus en plus denses", la présidente du Rassemblement national a également trouvé un prétexte pour aborder les questions de l'immigration et de la sécurité. Des sujets qui, selon elle, seront au cœur des élections municipales. 

"Aujourd'hui en 2020, que voyons nous aux abords de nos villes? Des campements de tentes et de bâches, de véritables favelas de tentes et de cartons. Des cohortes de gens venus du monde entier qui bivouaquent dans nos rues. (...) Ces images cauchemardesques témoignent du grand désordre urbain qui règnent", a-t-elle clamé.

Marine Le Pen a également pointé du doigt les maires qui "admettent", "acceptent" et "encouragent" l'insécurité qui "gangrène nos villes".

"Ils se refusent également à mettre la pression sur le gouvernement pour qu'il agisse au niveau national et ils refusent de mettre les moyens dans leurs villes pour que cesse ce qui représente un véritable cauchemar", a jugé la politique.

"La manipulation" de la réforme des retraites

Sans surprise, la présidente du Rassemblement national a enfin fustigé la réforme des retraites, au lendemain de l'annonce par Edouard Philippe du retrait de l'âge pivot du projet de loi, qu'elle a de nouveau qualifié de "manipulation de bout en bout".

"La manipulation autour de l'âge pivot m'apparaît très révélatrice. C'était un élément de négociation grossier et un écran de fumée destiné à être sacrifié dès le départ et à focaliser l'attention pour faire accepter l'essentiel du texte", a-t-elle estimé.

Elle a ainsi appelé à combattre "le macronisme semeur de désordre, cynique, arrogant", se plaçant une fois de plus comme l'alternative à La République en marche, cette fois-ci aux municipales 2020.

Juliette Mitoyen